ACTE III, SCÈNE UI. 5i
Enfin, au dieu nouveau qu'elle avoit introduit. Par les mains d'Athalie un temple fut construit ^ . Jérusalem pleura de se voir profanée ; Des enfants de Lévi la troupe consternée En poussa vers le ciel des hurlements affreux». Moi seul, donnant Texemple aux timides Hébreux, Déserteur de leur loi, j'approuvai l'entreprise. Et par là de "Baal méritai la prêtrise ; Par là je me rendis terrible à mon rival. Je ceignis la tiare, et marchai son égal. Toutefois, je l'avoue, eu ce comble de gloire s. Du Dieu que j'ai quitté l'importune mémoire Jette encore en mon ame un reste de terreur : Et c'est ce qui redouble et nourrit ma fureur. Heureux si, sur son temple achevant ma vengeance, Je puis convaincre enfin sa haine d'impuissance. Et parmi le débris, le ravage et les morts, A fgrce d'attentats perdre tous mes remords*.' Mais voici Josabeth.
1 L'inversion de ces deux vers n-est pas approuvée par rAcadémic : mais ce n'est pas dans l'inversion que se trouve la faute. II y a incorrection parceque le pronom elle, sujet de la proposition incidente, se rapporte à un nom qui n'est pas le sujet de la proposition principale. Il falloit dire : Enfin, au dieu nouveau qu'elle avoit introduit, Athalie éleva de ses mains un temple.
« Ce mot hurlement est du style de l'Ecriture-Sainte. Les prophètes, pour dire gémissez, disent souvent ululate : et les historiens profanes expriment par le même mot le deuil des Orientaux : LugubrU clamer, barbare ululatu. (Quinte-Curce, liv. III.) (L. R.)
' Ce vers, qui indique si clairement dans quel sens Mathan a parlé, est la meilleure réponse à ceux qui lui ont reproché de s'avilir devant Nabal. Ils n'ont pas vu que, bien loin de croire s'avilir, il croit se relever en se représentant comme un grand politique, dont les vues sont bien supérieures aux scrupules superstitieux de Joad. Son apostasie, loin de luiparottre une infamie, est à ses yeux le comble de la gloire parcequ't/ a ceint la tiare, et qu't7 marche l'égal de son rival. (L.)
^ On a blâmé cette scène de Mathan avec Nabal , comme peu nécessaire. Il est certain, cependant que cet entretien est nécessaire pour bien développer le caractère et le système de Mathan, qui est • l'ame d' Athalie , et qui influe tant sur l'action. Bien Iovgl ^ t^naxder la marche de la pièce, ce développemexi\,TaoVCT^,\itfeç*x*\** ^**"
^»4 ATHALIE