‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 368 sur 397 · UNE DES FILLES DU CHOEUR · texte numérisé non relu

UNE DES FILLES DU CHOEUR

Quel spectacle à nos yeux timides !

Qui Teût cru qu'on dût voir jamais Les glaives meurtriers, les lances homicides Briller dans la maison de paix?

UNE. AUTRE

D*où vient que, pour son Dieu, pleine d'indifférence ^ Jérusalem se tait en ce pressant danger?

D'où vient, mes cœurs, que, pour nous protéger, Le brave Abner au moins ne rompt pas le silence?

SALOMlTH.

Hélas! dans une cour où l'on n'a d'autres lois

Que la force et la violence.

Où les honneurs et les emplois Sont le prix d'une aveugle et basse obéissance.

Ma sœur, pour la triste innocence

Qui voudroit élever la voix?

UNE AUTRE

Dans ce péril, dans ce désordre extrême,

1 Cette strophe et la suivante ne se trouvent point dans les premières éditions à'Athalie. m On craignit, dit La Harpe,' que la malignité n'en <' fit l'application à Louis XIV, et que les ennemis de l'auteur, qui .< étoient très actifs à profiter de tout, ne se servissent de ces vers t< pour lui nuire. » Cette opinion n'est pas même plausible : ces vers ne furent point retranchés, puisqu^ls n'existoient pas ; ils furent, au contraire, ajoutés par Racine six ans après, dans un temps où les applications étoient plus faciles et plus dangereuses. Il eût été absurde de soupçonner des intentions malignes contre Louis XIVv dans uoie tragédie faite d'après ses ordres, çai un ^o»è\» tau!^»\fe ^«^ \ws'iSQX^<KSk. monnrqne et de madame de Mainteivon, ÎJQ .'^

S56 ATHALIE

Pour qui pré|»are-t-on le sacré diadème?

SALOMITH.

Le Seigneur a daigné parler; Mais ce qu*4 son prophète il vient de révéler, Qui pourra nous le faire entendre ? ' S*anne-t-il pour nous défendre?

S*amie-t-il pour nous accabler?

TOUT ut CHOBUB chaste.

O promesse ! ô menace! ô ténébreux mystère! Que de maux, que de biens sont prédits tour à tour ! * Comment peut-on avec tant de colère Accorder tant d*amour?

UNR VOIX, Mnl«.

Sion ne sera plus : une flamme cruelle Détruira tous ses ornements.

UNE AUTBE VOIX.

Dieu protège Sion : elle a pour fondements Sa parole étemelle.

LA PREMIKBE.

Je vois tout son éclat disparoltre à mes yeux.

LA SECONDE

Je vois de toutes parts sa clarté répandue.

LA PREMIÈRE

Dans un gouffre profond Sion est descendue.

LA SECONDE

Sion a son front dans les cieux.

LA PREMIÈRE

Quel triste abaissement!

LA SECONDE

Quelle immortelle gloire !

LA PREMIÈRE

Que de cris de douleur!

LA SECONDE

Que de chants de victoire < !

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