UN LEVITE, LE CHOBDB
UK LÉVITE.
J'ignore contre Dieu quel projet on médite * ;
Mais Painiin menaçant frémit de toutes parts ;
On voit luire des feui parmi des étendards.
Et sans doute Atbalie assemble son armée :
Déjà même au secours toute voie est fermée ;
Déjà le sacré mont, où le temple est bâti,
D'insolents Tyriens est partout investi ;
L*un d*eux, en blasphémant, vient de nous faire entendre
Qu'Abner est dans les fers, et ne peut nous défendre.
JOSABETH, i Jou.
Cher enfant, que le ciel en vain m*avoit rendu. Hélas! pour vo^is sauver j*aifaitce que j'ai pu : Dieu ne se souvient plus de David votre père!
JOAD, i Josabeth.
Quoi ! vous ne craignez pas d^attirer sa colère
Sur vous et sur ce roi si cher à votre amour?
Et quand Dieu, de vos bnis l'arrachant sans retour,
Voudroit que de David la maison fût éteinte,
N'ètcs-vous pas ici sur la montagne sainte
Où le père des Juifs sur son fils innocent'
Leva sans murmurer un bras obéissant,
Et mit sur un bûcher ce fruit de sa vieillesse.
Laissant à Dieu le soin d'accomplir sa promesse,
Et lui sacrifiant, avec ce fils atné.
Tout l'espoir de sa race, en lui seul renfermé ?
1 A peine Joas est-il couronna, à peine le spectateur a-t-il eu le temps de se livrer à des impressions si douces, que le poëte vient jeter la terreur tout au travers de cette pompe et de cette allégresse. Cette marche est parfaite. (L.)
' Abraham. (Note de Racine.^