‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 386 sur 397 · ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II

Que ne lui pariez-vous ?

JOAD

Il n'est pas temps, princesse K

ABNER

Le temps est clier, seigneur, plus que vous ne pensez.

Tandis qu'à me répondre ici vous balancez,

Mathan, près d'Athalie, éUucelant de rage,

Demande le signal et presse le carnage.

Faut-il que je me mette à vos sacrés genoux ?

Au nom du lieu si saint qui n'est ouvert qu'à vous,

Lieu terrible où de Dieu la lùaû^sté repose.

Quelque dure que soit la loi qu'on vous impose,

De ce coup imprévu songeons à nous parer.

Donnez-moi seulement le temps de respirer.

Demain, dès cette nuit, je prendrai des mesures

Pour assurer le temple et venger ses injures.

Mais je vois que mes pleurs et que mes vains discours

Pour vous persuader sont un foi^lc secours;

Votre austère vertu n'en peut être frappée :

Hé bien! trouvez-moi donc quelque arme, quelque épée,

Et qu'aux portes du temple, où l'ennemi m'attend

Abner puisse du moins mourir en combattant.

JOAD

Je me remis. Vous m'ouvrez un avis que j'embrasse : De tant de maux, Abner, détournons la menace. Il est vrai, de David un trésor est resté ',

> Quelle fidélité dans la peinture des mœurs I Josabeth, vive et sensible, veut que le grand prêtre mette Abner dans sa confidence ; le ^and prêtre, impassible, oppose à l'impatience le calme d'une prudence consommée. (G.)

s Nul doute que la conduite du grand prêtre, en cette occasion, ne soit dramatique et conforme à la prudence humaine. Mais le poëtc avoit à se justifier d'avoir prêté à un pontife inspiré un moyen qui paroit contraire à l'esprit de Dieu. Racine, qui prévoyoit rolijection, avoit préparé d'avance la réponse. Parmi ses manuscrits conservés u la bibliothèque Royale, on trouve le recueil des matériaux qu'il avoit amassés pour construire le plan et motiver les incidents de celte tragédie. Voici la note relative au trésor de David : » Pour jus^Aer l'équivoque du grand prêtre si on rattaqv\« \ V^ w^cWvV» \.«»s^vcw^ .4 hoc, et in tribus diebus excita\>o \\\\x^.« V^- :SviK^^., «^n> ^^ ^

57« ATHALIE

1^ garde en fui commise à ma fidélité;

r/étoit des tristes Joifs respéranee dernière,

Que mes soins vigilants eacboieiit à la lumière

Mais puisqu^i votre reine il le fiiul découvrir,

Je vais la contenter, nos portes vont s'ouvrir.

I>e SCS plus braves chefs qu^eile entre acoompagnin;;

Mais de nos saiuts autels qu^elle tienne éloignée

l)*un ramas dVtrangers Piiidiscrëlc fureur :

Du pillage du temple épargneznnoi Tborrear.

Des prêtres, des enfants Ini feroient-ils quelque ombre > 1

De sa suite avec vous qu'elle règle le nombre *.

vert. 17.) * 20 Martyre de saint I^urent, à qui le juge demanda les trésors de l'église : « A quo cum qncrerentur thesauri ecclesi», pro«

• misitdemonstratarum se. Sequenti die pauperes duxit. Intenogatos

• ubi essent thesauri quos promiserat, ostendit pauperes. dicens: Hi

• sunt thesauri ecclesin... Laurentius pro singulari sus interpreta-

• tionis vivacitate sacram martyrii accepit coronam. » (S. âmb^., de Oj^c] Dans Prudence, saint Laurent demande du temps pour calculer la sonune. Saint Augustin même, si ennemi du mensonge, loue ce mot de saint Laurent : « H» sunt divitiœ ecclesiae. » {Serm. 303.) Dieu a trompé exprès Pharaon. (Sinops.) Dieu dit à Moïse, Dites à Pharaon : « Dimittc populum meum ut sacrificet mihi in deserto ; *> et chap. Tni. Pharaon répond : u Ego dimittam vos ut sacrificetis Domino Deo -i vestro io deserto ; verumtamen longius ne abeatis. » Une autre fois, Pharaon dit : Sacrifiez ici , Moïse répond : Nos victimes sont vos dieux, u Abominationes «Cgyptiorum immolabimus Domino, n Donc Dieu vouloit faire sortir le peuple tout à fait; et Pharaon ne l'entendoit pas ainsi. (G.)

< Selon le dictionnaire de l'Académie, on dit figurément d'un homme qui se défie de tout, que tout lui fait ombre. Racine a donc pu se servir de ce mot dans le sens affaire ombrage, et les académiciens à qui l'on doit les remarques sur Alhalie n'avoient pas consulté leur dictionnaire lorsqu'ils ont condamné cette expression.

- Athalie entrant accompagnée de ses plus, braves chefs , soutenue d'une escorte de ses plus fidèles guerriers, n'a point l'air d'une femme surprise sans défense et massacrée par trahison. Il semble qu'elle pouvoit, avec sa suite, se défendre contre des prêtres et des enfants ; mais, -'< l'aspect de leur véritable roi, ses partisans l'abandonnent, et la seule

• Jésus-Christ parloit de sa mort et de sa résurrection d'une manière 6g«rée; /es Joifs prirent ses parole» au sen» ^to^t«, c\ Vajccusèreat d«?aat Pikite ifarnir dit qu'il pouvoit détruire \e tem^Xe Aft\>\ft«.

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