ACTE V, SCENE V
( Le fond du théâtre s^ouvre : on voit le dedans du temple ; et les lévites armés entrent de tous côtés sur la scène.)
ATHALIE
Où 8ui3-je?0 trahison! 6 reine infortunée! ^ D*annes et d^ennemis je suis environnée!
JOAD
Tes yeux cherchent en vain, tu ne peux échapper, Et Dieu de toutes parts a su fenvelopper. Ce Dieu que tu bravois en nos mains fa livrée : Rends-lui compte du sang dont tu t'es enivrée.
ATHALIE
Quoi ! la peur a glacé mes indignes soldats!
Lâche Abner, dans quel piège as-tu conduit mes pas ^?
ABNER
Reine, Dieu m'est témoin...
ATHALIE
Laisse là ton Dieu, traître, Et venge-moi.
• ABNER , se jetant aux pieds de Joas.
Sur qui? Sur Joas! sur mon maître!
ATHALIE
Lui Joas! lui ton roi! Songez, méchants, songez Que mes armes encor vous tiennent assiégés. Xentends à haute voix tout mon camp qui m'appelle. On vient à mon secours : tremblez, troupe rebelle!
1 « A thalle entendit le bruit du peuple qui accouroit ; et entrant parmi la foule dans le temple du Seigneur, elle vit le roi assis sur son trône, suivant la coutume, et les chantres et les trompettes auprès de lui, et tout le peuple dans la réjouissance et sonnant de la trompette. Alors elle déchira ses vêtements, et elle s*écria : Trahison ! trahison ! » (/ÎOM, liv. IV, ch. XI, vers. 15, 14.)
S Le spectateur sent combien ce reproche est injuste, puisque Abner n6 saVoit rien ; et c^est encore une des raisons qui font voir combien le silence que Joad a gardé avec lui étoit habilement ménagé par le poëte. Si Abner eût été instruit, c'est alors qu'il auroit joué un rôle peu digne d'un guerrier, comme un critique le dit très injustement, puisque Abner ne fait que ce que doit faire un guerrier fidèle et brave, qui se range auprès de son roi. Et remarquez qu'an, totionsksvx. ^^i.^^cct.'i^ ripée, Tévéoement est encore incertaVn, coïKm^ KftviS&^ \^ ^^- '^^lùême, et que Je temple peut êtie lotcé. V\».^
:«4 ATHAUE.