‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 397 sur 397 · LE LEVITE · texte numérisé non relu

LE LEVITE

Le fer a de sa vie expié les horreurs. Jérusalem, longtemps en proie à ses fureurs. De son joug odieux à la fin soulagée, Avec joie en son sang la regarde plongée.

JOAD

Par cette fin terrible, et due à ses forfaits, Apprenez, roi des Juifs, et n'oubliez jamais Que les rois dans le cii*l ont un juge sévère, L'innocence un vengeur, et Torphelin un père ^

t Cette pièce est regardée avec raison comme le modèle le plus parfait de la tragédie. On est étonné de ce que son mérite a été reconnu si tard. On peut s'étonner aussi de ce qu'il a été enfin si généralement reconnu, que, quand nous parlons des défauts conmiuns aux tragédies, nous exceptons toujours Athalie^ et que les étrangers en parlent comme nous. Par où une pièce sans amour, sans intrigue, sans aucun de ces événements extraordinaires qu'un poète ,invente pour jeter du merveilleux, intéresse-t-ellc, ignorants et connoisseurs, spectateurs de tout âge, si ce n'est par le vrai d'une imitation où se trouvent réunies toutes les perfections, celle du style, celle de la versification, celle des caractères, celle de la conduite 1 Cette conduite est si simple, que cette pièce est en poésie ce qu'est en peinture ce tableau de Raphaël qui n'offre que deux figures, un ange qui, sans colère et sans émotion, écrase le démon. (L. R.)

FIN d'athame.

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