‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 67 sur 397 · II · texte numérisé non relu

II

Hi MITHRIDATE.

Je crois voir Tintérêt que vous voulez celer, Et qu'un autre qu'un père ici vous fait parler.

XI PHARES

Quel que soit Tintérêt qui fait parler la reine,

La réponse, seigneur, doit-elle être incertaine?

Et contre les Romains votre ressentiment

Doit-il pour éclater balancer un moment?

Quoi ! nous aurons d'un père entendu la disgrâce ;

Et lents à le venger, prompts à remplir sa place.

Nous mettrons notre honneur et son sang en oubli I

Il est mort : savons-nous s'il est enseveli ^ ?

Qui sait si, dans le temps que votre amc empressée

Forme d'un doux hymen l'agréable pensée.

Ce roi, que l'Orient, tout plein de ses exploits,

Peut nommer justement le dernier de ses rois,

Dans ses propres États, privé de sépulture,

Ou couché sans honneur dans une foule obscure.

N'accuse point le ciel qui le laisse outrager.

Et des indignes fils qui n'osent le venger* ?

Ah! ne languissons plus dans un coin du Bosphore :

Si dans tout l'univers quelque roi libre encore,

Parthe, Scythe ou Sarmate, aime sa liberté s,

Voilà nos alliés : marchons de ce côté.

Vivons, ou périssons dignes de Mithridate ;

Et songeons bien plutôt, quelque amour qui nous flatte,

' Beau, ainsi que tout le reste du couplet ; mais c'est mettre dans la bouche de Xipharès la condamnation de tout ce qu'il a ait et fait jusqu'ici. (L.)

S Desfontaines pense que Racine eût mieux fait de mettre ses indi~ gnesfils, au lieu de des indignes fils : selon ce critique, la phrase en seroit plus claire; le venger se rapporteroit encore plus immédiatement à Mithridate. L'opinion de l'abbé Desfontaines est raisonnable. Louis Racine prétend qu'il faut nécessairement d'indignes; il ajoute que c'est une faute d'imprimeur, et que l'auteur avoit mis, selon toutes les apparences, et deux indignes fils. M. Didot a corrigé le vers d'après cette opinion. Pour moi, je suis convaincu que Racine a mis et a voulu mettre et des indignes fils : toutes les éditions faites pendant sa vie sont uniformes. (G.)

3 Ce trait est conforme à la lettre que Mithridate écrivit au roi des Parthes, pour lui demander son alliance. (G.) — Voyez Salluste, Fragm., lib. IV.

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