‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 98 sur 397 · SCÈNE. I · texte numérisé non relu

SCÈNE. I

MONIME. FWJfcDIME.

■OMIL.

Pbœdime, an nom des dieux, fai> <-<.* qui* j** iloirv :

Va voir ce qui se {mism;, el r«?*icii* im* le «lirf.

Je ne sais ; nutU' mou corur ue m* |»ei]t nis<^i]ivi :

Mille sou|»çons affrirui vieiiuviit iih* <li'<-hînrr.

Que tarde Xiiibarês? vi d'oti vient qu'il dift're

A secouder des vœux qu'au ton m' M»n piTc?

Son père, en nie quittant, me l'alloit eii\o\er...

Mais il feiguoit peut-être. Il falloit tout nier.

Le roi feiguoit! Et moi, decouvriiit ma iien^t; ..

0 dieux ! en tv im'tîI nr:iurie£-v(»u> <I«'lai>M»e ?

Et se pourrciit-ll bien qu*a son re»eiitinient

Mou amour indiscret eût livre mon amant?

Quoi, prince! quand, tout plein de ton amour extrèuR*,

Pour savoir mon secret tu me presM)i> toi-même.

Mes refus trop cruels vin^t Tois te Pont caché ;

Je t*ai môme puni de Ta voir : rraclie :

Et quand de toi peut-être un pèiv se défie.

Que dis-je? quand pent-êtri.' il y va de ta vie.

Je parle ; et, trop facile à me laisser lrom|)er.

Je lui marque le cœur où sa main doit frapper.'

PHOEDIME.

Ah! traitez-le, madame, avec plus de justice; Un grand roi descend-il jusqu'à cet artifice*?

1 II falloit que Racine méprisât beaucoup Tobjection à laquelle de grands littérateurs ont attaché tant d'importance , pour mettre luim^mc dans la bouche d'une confidente la critique de cette ruse. Cette critique est fort affoiblie par le vers suivant :

A prendre ce détuur qui l'auroit pu forcer?

car bien des m?>tifs forçoient Mithridate à prendre ce détour ; c'éloit

A prendre ce détour qui Tauroit pu forcer? Sans murmure à Tautcl vous ralliez devancer. Vouloit-il perdre un fils qu'il aime avec tendresse ? Jusqu'ici les effets secondent sa promesse : Madame, il vous disoit qu'un important dessein, Malgré lui, le forçoit à vous quitter demain : Ce seul dessein l'occupe; et, hâtant son voyage. Lui-même ordonne tout, présent sur le rivage ; Ses vaisseaux en tous lieux se chargent de soldats, Et partout Xipharès accompagne ses pas.

D'un rival en fureur est--ce là la conduite ? Et voit-on ses discours démentis par la suite * ?

MONIME

Pharnace, cependant, par son ordre arrêté, Trouve en lui d'un rival toute la dureté. Phoedime, à Xipharès fera-t-il plus de grâce?

PHOEDIME.

C'est l'ami des Romains qu'il punit en Pharnace : L'amour a peu de part à ses justes soupçons.

MONIME

Autant que je le puis, je cède à tes raisons ; Elles calment un peu l'ennui qui me dévore. Mais pourtant Xipharès ne paraît point encore.

PHŒDIME.

Vaine erreur des amants, qui, pleins de leui-s désirs, Voudroient que tout cédât au soin de leurs plaisirs ! Qui, prêts à s'irriter contre le moindre obstacle...

MONIME

Ma Phoedime, eh ! qui peut concevoir ce miracle? Après deux ans d'ennui, dont tu sais tout le poids. Quoi! je puis respirer pour la première fois! Quoi ! cher prince, avec loi je me verrois unie î Et loin que ma tendresse eût exposé ta vie. Tu verrois ton devoir, je verrois ma vertu. Approuver un amour si longtemps combattu !

même le seul moyen qu'il eût en son pouvoir pour pénétrer dans le cœur de Monime. (G.)

1 Par la suite est vague ; il faut entendre : par les actions qui ont .vu/m /es discours de Mithridate. (G.)

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