SCENE X. i
BËLISE.
Ail ! voilà qui me plaît. Vous m'assurez aussi que yoiis y rirez de tout votre cœur?
LTCANDRE.
Quand il s'agiroit de ma vie , je né le pourrais pas.
BJÉLISE.
Oh! vous rirez.
LTC ANDRE, en colère.
Je ne rirai pas.
BiLISE.
Vous pleurerez donc? car il y a dans la pièce des endroits qui font pleurer.
LYCANDRE.
Attendez; j'imagine un moyen de nous accommo* der. Je pleurerai quand les autres riront, et je rirai quand les autres pleureront. Voilà ce que Touvr^ge mérite , et ce que je puis faire pour votre service.
BÉLISÈ.
Point de mauvaises plaisanteries. Vous ferez comme moi, ou je ne vous le pardonnerai pas.
LYCANDRE.
Eh bien ! je vous obéirai, (à part.) Quel martyre !
Bl^LTSE.
Pour vous récompenser de votre complaisance, je vous promets, nK)i, une chose qui vous fera plaisir.
LTCANDRE.
Ah! vous me charmez. Que ine promettez- vous?
BELISE.
C^est que vous souperez ce soir avec Fauteur de la pièce nouvelle.
i64 L'ENVIEUX.
LTCANDRE.
Moi, souper avec lui! j'aimerois mieux souper avec le diable. Je n'en ferai rien , très-absolument.
BÉLISE
Adieu ^ Monsieur. Je suis bien aise que celte petite occasion m'ait procuré celle de vous mieux connoître. C'est une épreuve que j'ai voulu faire avant que de signer le contrat. J'en suis contente; et je vais trouver le Marquis.
LYCANDRE.
Le Marquis! Pourquoi faire?
BÉLISE
Pour lui dire que je vous cède à ma sœur, et qu'il ne tiendra qu'à lui de m'épouser. Je sais qu'il m'aime, et je vais le rendre le plus heureux homme du monde.