SCENE L
POLÉMON, LISIDOR.
POLÉMOn^y embrassant Liftidor.
Pour la centième fois soyez le bien venu.
LISIDORy regardant de tons c6tés.
La beauté de ce lieu répond au revenu.
POliiMON.
Vous êtes insensible à toutes mes caresses, Et n'êtes occupé que de biens , de richesses.
LISIDOR.
Et de quoi, s'il vous plaît , dois-je donc m'occupcr? C'est, à mon sentiment, soi*mêtne se duper,
i86 LES PHILOSOPHES AMOUREUX.
Que de perdre son temps à parler d'autres choses. Les sciences , ami , sont pour moi lettres eloses ; Les nouvelles du temps ne m'embarrassent point ; Je vais droit au solide , et c'est là mon grand point.
Ah ! la belle maison ! Quelle magnificence ! Pour moi , je suis charmé de cet air d'opulence, Et du bon goût qui règne en vos appartements. Un grand parc, de bleaux bois et des jardins charmants, Une longue terrasse au bord de la rivière; Ce superbe salon , où l'art et la matière Semblent se disputer le prix de la beauté , 'Tout fait de ce séjaur un séjour enchanté. Mais, au fond, sa beauté la plus intéressante, C'est qu'il vaut tout au moins dix mille écus de rente ; Et, ce qui rend encor cette terre sans prix, Elle est , pour ainsi dire , aux portes de Paris.
POLJÉMOK.
Mon frère, vieux garçon, dégoûté du service, Acheta ce beau lieu , dont il fit son délice , Et , par son testament , l'a laissé tout entier . A l'aîné de mes fils , son uniquô héritier : Pe sorte que Léandre , avec cet héritage. Et ce que de sa mère il eut pour son partage , Joignant tous les grands biens que je lui laisserai Un jour, mais le plus tard pourtant que je pourrai. Aura cent mille francs de rentes sûres, nettes. Sans avoir à payer deux mille écus de dettes.
LlSll>OH.
D'ayance j'ai pour lui le plus profond respect. Ah! vive un grand seigneur; tout rit à son aspect,