‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 145 sur 350 · ACTE I, SCENE VL 2o · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VL 2o

PAMIS.

Le roi s'est éclipsé ; mais il va reparoître ; A mes sens étonnés il va parler en maître; Reprendre son empire et sa noble fierté , Et des mains du tyran sauver ma liberté.

LÉANDRE

Mais vous souvenez-vous des charmes d'Arténice?

BAMIS.

Ah! si je m'en souviens ! trop bien, pour mon supphce.

LiANDRE.

Yous l'aimez donc encor?

BAMIS.

Qui? moi! non , je la hais.

Même j'ai fait serment de ne la voir jamais : Je vous déclare, au moins, que je fuirai sa vue.

LlÊAirDRE.

Tous blâmez mes frayeurs ; et votre âme est émue !

BAMIS.

Oui, je sens malgré moi des battements de cœur....

L i A OCf D R fi , ri vement.

Philosophe poltron ! deux ïieaux yeux te font peur ! Armé du plein pouvoir que donne la sagesse, N'es-tu pas au-dessus déThumaine foiblesse?

Graves stoïciens , votre pompeux jargon Ne peut dans le péril sauver votre raison. Votre sage est un roi , selon vos hyperboles , Plus petit en effets , qu'il n'est grand en paroles : Dès que les passions osent se révolter. Ce roi , tout grand qu'il est , ne sauroit les dompter.

2o6 LES PHILOSOPHES AMODHEUX- Venez, venez te voir les mettre en esclavagf9« Ami , soyez modeste y et je vous croirai sage*

DAMIS

Arténice est ici ; je m'en vais la trouver*

C'est peu d'en triompher , je prétends la braver.

LÉAIMBRE, en riant.

Vous aviez fait serment d'éviter sa présence.

DAMIS

A la seule raison, et non pas à l'absence,

Je veux devoir la gloire oîi j^aspire en ce jour.

Vous apprendrejK de moi comme on brave l'amour^

LiANDRE.

Peut-être j'apprendrai que celui qui le brave Est celui qui devient le plus tôt son esclave. Ne le défiez pas y il se rira de vous.

BAMiSi

Pour me mettre à jamais k Fabri de ses coups ^ Je t^is laire sur l'iieure xnn serment effroyable. Amour! maudit Amour! tyran abominable !

Je jure^ par ton arc ^ tes flèehes , ton carquoia^ De me pendre plutôt qlie de suivre les lois»

LlÎAIfBkS.

Moi, sana faire à l'amour cette fière apostrophe^ Je lui vais opposer le eorar d'un philosophe, Qui déteste rattrail d'im savoureuse poison. Mais qui pffés^ine peu de sa finble raisoo*

FIN ou PR£|ii;X]9|l ACTE.

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