H^LITE
Accusez-en ma sœur, dont la langue indiscrète Ne peut tenir long-temps une affaire secrète. Jamais , sur ce sujet , je ne vous ai trahi. Je n'ai , jusqu'à présent , que trop bien obéi.
Vous en repentez-vous?
MÉLITE
Oui.
ARISTE
Quelle en eh la cause ?
MÉLITE
A d'indignes soupçons votre secret m'expose.
Nous demeurons ensemble; et j'apprends tous les jours,
Que cela fait tenir d'impertinents discours.
Je n'en murmure pas. De ma seule innocence
Je me fais un rempart contre la médisance;
Et, sacrifiant tout à mon affection^
Je laisse déchirer ma réputation.
Mais puisqu'à cet excès il faut que j'obéisse,
Je demande le prix d'un si dur sacrifice.
%!k LE PHlLOSaPHE MARIÉ.
ARISTE
Eh quoi ?
C'est que, du moins , le Marquis du Lauret y Ou par vous, ou par naoi, sache notre secret,
ARISTE
Le Marquis ! Pouvez-voug me tenir ce langage ? C'est rhomi)fie à qui je \evkK me cachée davantage. Quoiqu'il spit qourtis^, çt qu'il ne saiçhe nao , C'est un sage, caché sous un joyeux maintien, Et qui ne cQnnoît pas de plus grande faiblesse Que de prendre une femoie, et. raêioe une maîtresse, Soutenant qu'il i^'est point d'autre fiélicité Que d'être, à tous égsirds, en pleine liberté. Faut-il vous dire plus? Cent fois, en sa présence. J'ai défendu sa thèse avec tstnt d'imprudence , Que , s'il sait une fois que je suis marié , Par ses traits, en tous lieux,, je serai décrié.