SCÈNE VIL
LÉANDRE, seul.
Le pauvre homme extravague ; Sa folie est montée au suprême degré.
Quoi ! le meilleur esprit est sitôt égaré ! Voilà Damis jaloux, brusque , injuste , intraitable : Mais moi qui parle, moi, suis-je plus raisonnable? Examinons un peu dans quel état je suis. Pour me vaincre, il est vrai , je fais ce que je puis; Mais, plus j'y fais d'efforts, pi us mon amour augmente, Et Clarisse, à mes yeux , est toujours plus charmante: Sitôt que je la vois , mon âme s'attendrit ; Jusque dans ses mépris je trouve de l'esprit. Au fort de mon dépit , ses traits vifs me désarment , Et sa déraison même a des grâces qui charment Dans son égarement mon cœur s'est confirmé. Ah 1 lâche que je suis , j'aime , et sans être aimé ! Non , d'un si fol amour je prétends me défaire. Ingrate ! je connois Te moyen de te plaire ; Et , s'il me réussit, je deviens mon vainqueur. Je veux voir si je puis m^assurer de ton cœur, En feignant de changer àe mœurs et de langage; Et je vais être fou , pour devenir plus sage.
FIN Dtr TROISIEME ACTE.