ACTE IV, SCENE III
LJSIDOR.
Fort bien. Et qu'a-t*il répondu ?
POLiMOir.
Je ne le sais pas trop; mais il m'a confondu.
LISIDOB.
Confondu !
poLiMOir.
Tout d'abord.
LISIDOR,
Vous êtes un pauvre homme.
POLiMON.
Que diantFe ! il m'a parié de la Grèce, de Rome , De ces anciens héros qui Usoient jour et nuit, Et qui ne hissoient pas de faire bien du bruit. De plus, il m'a prouvé qu'un noble sans science, Est un franc roturier.
LISIDOK.
Oh ! je perds patience.
POLÉMON
Que chez tous nos voisins, bien différents de nous^ Les gens de qualité savent tout.
LJSIDOK.
Us sont fous. poiiÉMOir.
Qu'enfin un gentilhomme est né pour être habile , Vertueux, modéré.
LISIDOR, en colère.
Pour être un imbéeille, Un pédant ennuyeux, éternel discoureur : Tous ces fades discours me mettent en fureur»
a64 LES PHILOSOPHES AMOUREUX.
POLEMOjy.
Malgré cela , pourtant , il se rend plus traitable ; Et pour plaire à Clarice il va faire l'aimable.
LISIDOR.
Lui?
POLÉMOIÎ.
Pour voir si c'est lui que votre fille hait , |
Ou si c'est sa morale, il forme ce projet. i
Votre fille l'engage à clianger de conduite. i
LISIDOR. !
A se contraindre aussi je l'ai déjà réduite ; Elle a promis merveille , et va changer de ton.
POLÉMOir.
Elle! elle en va changer! Parlez-vous tout de bon?
Elle me l'a promis. .
POLÉMON, en riant. |
L'aventure est nouvelle !
Tous deux ils vont .quitter leur forme naturelle , Pour se charmer tous deux par un dehors fardé.
LISIDOR.
Ce projet, pour un sage, est un peu hasardé. Léandre me surprend.
POLJÊMON.
Il me surprend moi-même.
Mais, malgré sa sagesse, il est sensible, il aime.
LISIDOR.
Hom! encore une fois, son projet me surprend; Et je croîs entrevoir le piège qu'il nous tend. Un changement si prompt cache quelque artifice ;