‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 20 sur 350 · SCENE L CÉLIANTE, FINETTR · texte numérisé non relu

SCENE L CÉLIANTE, FINETTR

ciLIANTE.

Le Marquis du Laurel va venir?

FIISTETTE.

Oui , Madame.

CELIANTE.

Crois-tu qu'il m'aime?

FINETTE

Non.

Dans le fond de mon âme J'en suis au désespoir.

FIKETTE.

Oh! je n'en doute pas.

La plus rare beauté n'a pour lui nul appas.

CÉLIANTE.

C'est ce qui me feroit souhaiter $a conquête; Et j'en viendrois à bout, si je l'avois en tête. Il est un certain art, que je sais à ravir, Pour fixer un tel homme , et pour se l'asservir.

2i6 LE PHILOSOPHE MARIE.

FINETTE

Je VOUS Gonseifle donc de tenter Faventure.

CÉLIAWTE.

Parles-tu tout de bon ? •

FINETTE

Sans doute.

GELIANTE.

Je te jure Que bientôt de mes yeux il sentira les coups. Je veux y dès aujourd'hui, le voir à mes genoux.

FINETTE

S'il vous aime une fois, à quoi tend l'entreprise?

À lui dire pour lors que mon cœur le méprise,

Qu'un grand bien, cent aïeux, un haut rang dans l'état.

Ne peuvent m'imposer, à la suite d'un fat.

FINETTE

Pour fat , il ne l'est point. C'est un homme qui pense

Que le parfait bonheur est dans l'indifférence :

Bu reste, auprès du sexe il est respectueux,

Et se feroit aimer, s'il étoit amoureux.

Mais je veux qu'il soit tel que vous le voulez croire ;

Je trouverois pour vous encore plus de gloire

A vous l'assujettir, à l'aimer tout de bon ,

Qu'à vous sacrifier à votre beau Damon.

C'est l'ancien eoniide^t, c'est l'ami de mon maître;

Vous Tatmez, cependant; si je puis m'y connoître.

Vous prétendez en faire un mari complaisant.

En ce. cas, k Marquis vous oonvietidroit atitant»

Page 1