ACTE II, SCENE I
Les gens de qualité suivent toujours la mode ; Et tout homme de cour doit être époux eoomnode^ Voilà l'essentiel. Qu'importe qu'un mari Soit fat, s'il vous permet d'avoir un favori?
CÉLIAWTE.
Mais, au fond, tu dis vrai.
FINETTE
Comment ! yt vous étale Tout ce qu^on peut prêcher de plus fine morale. Rompez avec Daaion : j'insiste sur ce point ; N'ét;mt pas geatilhomme, û ne vous ccavient point.
CELIAirtE.
Tu te trompes, Finette; et^ malgré l'apparence, Mon cœur me dit qu'il est d'une ilhistre naissance, Et que par des raisons que nous saurons vttï jour....
FIITETTE.
Ah! voilà justement de vos romans d'amour. Pour moi , je le connois* Sa tendresse empressée IT'est que le pur effet d'une âme intéressée. Une tante , en mourant , vous a laissé des biens Dont il espère un jour reiiausser ses moyens. Voilà ce qui le rend si soumis , si facile : Mais osez l'épouser, il sera moins docite.
CiLIANTE.
J'entre dans tes raisons, et je les applaudis; Je me suis dit cent fois tout ce que tu me dis. Depuis plus de deux ans, avec un sain extrême, J'élude mon penchant, et le combats moi-même. J'ai maltraité souvent un amant trop aimé : Contre lui mon orgueil s'est hautement armé.
Enfiri, pour me guérir, je me suis exilée; Tout cela vainement Je suis ensorcelée...,. Attends.
FINETTE
Quoi?
CÉLIAWTE.
Je me sens aujourd'hui d'une humeur A le désespérer.
FINETTE
Quelque bonne vapeur «.
Vous seroit à présent d'un secours admirable. Quand vous extravaguez, vous êtes raisonnable.
CÉLIANTE.
Je ne me suis jamais trouvé tant de raison.
FINETTE
Que Damon ne vient-il ? Mais vous ferez Toison Sitôt qu'il paroitra.
CÉLIANTE.
J'excite mon courage A lui faire plutôt quelque sensible outrage. Prête-moi ton secours pour m'y déterminer. Traitons quelque sujet propre à me chagriner. Parle-moi de ma sœur.
FINETTE
Eh bien donc ! ma maîtresse De notre Philosophe a lassé la tendresse. Il s'est abandonné , pour la première fois , A des vivacités, qui, comme je prévois, Pourront dégénérer en aigreur très-fâcheuse , Et rendre quelque jour votre sœur moins heureuse.