ACTE V, SCENE II. a
LISIDOR.
Oui.
CLARICE
J'ai peine à m'y soumettre; Car que sais-je, après tout, ce qu'il exigera?
POLÉMON
D'avance, je réponds qu'il ne demandera
Que ce que vous pourrez promettre sans scrupule.
CLARICE
Tant de précaution me paroît ridicule , Ennuyeuse, bizarre, et je n'y puis tenir.
LISIDOR.
Contraignez-vous encore, et nous allons finir. L'effort est-il si grand ?
CLARICE, d'un air impatient.
OÙ me vois-je réduite !
LISIDOR.
S'il prétend l'impossible , on saura dans la suite Le faire relâcher sur vos engagements.
CLARICE
De grâce , laissez-moi rêver quelques moments.
LISIDOR.
Soit; mais songez-y bien. Je veux qu'on m'obéisse. SCÈNE III.
CLARICE, seule.
Le ANDRE apparemment veut que je le haïsse; Et je le haïrai, c'est un point résolu, Puisqu'il veut s'assurer un pouvoir absolu.
a86 LES PHILOSOPHES AMOUREUX.
Moi , je pourrois aimer un mari despqtique ^ Qui veut me gouverner suivant sa politique ! Mon sexe m'est trop cher. Je ie dégraderois , £n aûnaot le fcyr^Hi queije me donnerois : Ce seroirt /renverser le droit d'indépendance Que messieurs les maris nous accordent en France , Et qu'aucun n'ose plus revendiquer sur, nous, Sans se&ire siffler comme un mari jaloux. Cependant je vois bien que , pour avoir Léandre, Loin de donner la loi, c'est à moi de la prendre. Qu'importe? comme on veut, qu'il m'épouse ce soir, Il ne jouira pas longtemps de son pouvoir.