ACTE V, SCENE VL agi
Mon frère le Caton , ce sage à triple étage , A donc d'un courtisan arboré l'étalage ! Que de grâces il donne à ses traits rajeunis! Ce n'est plus un Caton , c'est un jeune Adonis.
LÉAWDRE.
Vous me trouvez donc bien ?
CLITANDRE
A ravir, mon cher frère.
LÉAKDRE.
Vous voyez que l'amour change le caractère : Je fais ce qu'il m'inspire , et je plais , à présent.
CLITATTDRE.
En effet , vous voilà devenu très-|>}aisant.
A peine en ce moment puis-je vous reconnoitre.
Quel brillant! quel éclat! vous venez de renaître*
LÉAITDRE.
Quand on vous étudie , on est bia^tôt parfait. Vous pouvez Vous vanter de m'avoir mis au fait : Vos airs ont réveillé mon humeur assoupie. Et d'uii original je rue rends la copie<
ClilTANDRB.
Je ne mitonne plus si vous réussissez : Vous prep(&z le bon tour. Vous en savez assez Pour entrer dans le monde ; et sur d'autres matières Clarice aura bientôt réformé vos manières.
LÉAIÎDRE.
Vous ne loéritet pas de me mettre en courroux. , Vous vous croyez bien forO d'être au nombre des fous. Modèles qui vous. ont formé tel que vous êtes, Et qui vous ont vastruit aux éoarl;^ que vous fajt^i.
29a LES PHILOSOPHES AMOUREUX.
CLITAITDRE, d'un air dédaigneux.
Quels écarts fais-je donc ?
L]ÉAIfDRE.
Tenez, pour le savoir, Il ne faut qu'un instant vous entendre et vous voir,
(contrefaisant Clitandre.) , '
a Parbleu! je viens d'apprendre un fait qui m'édifie, « Et qui fait grand honneur à la philosophie ! » Voilà vos airs, vos tons ; jugez-en , maintenant. Croyez-vous qu'il soit beau d'être un impertinent?
CLITÀITDRE.
Non; et j'avois pour vous certaines déférences, Pendant que vous laissiez durer mes espérances, Et que , vous voyant presque enterré tout entier, Je pouvois me flatter (J'être votre héritier: Mais ,. loin, qu'à mon espoir un plein effet réponde. Vous me coupez la gorge en rentrant dans le monde. Je rentre dans le droit de rire à vos dépens ; Et je ne vois rien là contre le droit des gens. Me voilà ruiné, je le vois; mais j'espère....
LÉAIM^DRE.
Si vous m'aviez fait voir un meilleur caractère ; Si vous étiez pourvu d'un sens , d'une raison , Propres à soutenir l'honneur d'une maison , A faire d'un grand bien un salutaire usage , J'aurois fait voeu de fuir les nœuds du mànage.
(lui montrant un papier.)
Cet acte est le garant de mon intention : Cet^icte vous faisoit l'entière cession