‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 22 sur 350 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

Cela vous déplaitHl?

CiLIANTE.

Non : tu me fais plaisir.

Un doux ravissement est prêt à me saisir. Le bonheur de ma sœur excitoit mon envie, Et fait, depuis deux ans, le malheur de ma vie.

FINETTE

Enragez donc. Madame, et pestez bravement; Leur querelle a produit un raccommodement Si tendre, si touchant et si rempli de charmes, Que notre Philosophe en a versé des larmes. Et moi, qui parle, moi, je ne puis y penser, Sans sentir que mes yeux sont tout près d'en verser.

(Elle pleure.) CÉLIANTE.

Ils s'aiment donc toujours?

FINETTE

Plus que jamais. Madame.

Mon maître est à présent l'esclave de sa femme.

GJÉLIANTE. .

Le sot!

FINETTE

Plus elle prend le ton d'autorité.

Et plus , depuis une heure , il en est enchanté.

CÉLIANTE.

Je n'y puis plus tenir. Par quel charme Mélite Triomphe-t-elle ainsi d'un homme de mérita? S'il étoit mon mari, comme je le voudrois. Plus il seroit soumis, plus je l'approuverois.

3o LE PHILOSOPHE MARIÉ.

Mais avoir pour ma sœur une telle foibiesse ! C'est un aveuglement qui me choque et me blesse; J'en crève de dépit, et j'en suis en fureur.

FINETTE

Ferme. Comment Damon est-il dans votre cœur?

GÉLIANTE.

Comme un monstre.

FINETTE

Fort bien. Le voici , ce me semble.

Il vient fort à propos , et je vous laisse ensemble.

( Céliante , aussitôt que Finette est sortie , ya se placer nonchalamment sur une chaise, et se met à rêver.)

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