ACTE I, SCENE IV. 3a
Pour les moindres valets remjili de déférence , Et ne parlant jamais que par ses révérences.
Oui , ma foi , le contraste est tout des plus parfaits ; Et nous en pourrons voir d'assez plaisants effets. Ce doucereux rival , c'est Philinte , sans doute ? Mon maître d'un regard doit le mettre en déroute.
LISETTE
Mais ce Comte si fier est donc, bien riche aussi.? Du moins , il le paroît»
PASQUIir..
f Riche ? îion , Dieu merci :
Car c'est là quelquefois ce qui rabat sa gloire. Et tout son revenu , si j'at- bonne mémoire. Vient de sa pension et de son régiment ; Mais il sait tous les jeux, et joue heureusement: C'est par là qu'il soutient un train si magnifiquCt ,
LISETTS-
Et faite&-vous fortune ? .
PASQUin/
Oui , par ma politique.
Avec moi quelquefois il prend des libertés. Je le boude; il sourit. Mes dépits concertés, Un air froid et rêveur, quelques brusques paroles, L'amènent où je veux. Par quatre ou cinq pistoJes, Il cherche à m'apaiser, à me calmer l'esprit; Et, comme j'ai bon cceur, son argent m'attendrit.
LISETTE
Vous m'avez mise au fait , et je vais vous instruire. Le Comte va bientôt lui-même se détruire
Dans l'esprit d'Isabelle; oui, soyez-en certain, S'il ne lui cache pas son naturel hautain. Elle est d'humeur liante , affable , sociable : L'orgueil est à ses yeux un vice insupportable ; Et , malgré les grands biens qui lui sont assurés , Son air et ses discoure sont simples , mesurés , Honnêtes , prévenants , et pleins de modestie.
PASQUIir.
Si bien qu'avec mon maître elle est mal assortie?
LISETTE
Il aura son congé , s'il ne se contraint point Donnez-lui cet avi&.
PASQiriN.
Il est haut à tel point...
LISETTE
J'entends du bruit. Je crois que c'est notre vieux maître. Ne me laissez pas seule avec lui.
PASQUIK.
Ce vieux reitra
Ést-il si dangereux?
LISETTE
A cinquante-cinq ans.
Il est plus libertin que tous nos jeunes gens; Et ce qui me surprend , c'est que son fils Yalère A toute h sagesse et là vertu d'un père.