ACTE II, SCENE II
Tout comme il vous plaira.
CÉLIANTS.
Je suis au désespoir!
DAMON
De quoi ?
CÉLIANTE.
De ne pouvoir me passer de vous voir.
Je voudrois vous haïr.... autant que je vous aimCé
DAMOir.
Hélas ! vous le pourrez sans une peine extrême. Vous venez de jurer de me haïr toujours.
CÉLIANTE.
Ah ! comme je mentois !
DAMON
Quel étrange discours !
Jurer de me haïr, quand, soigneux de vous plaire , Je....
CÉLIANTE.
Tenez, je vous jure, à présent, le contraire.
DAKON.
Auquel des deux serments croirai-je, par hcisard?
Au dernier ; c'est le seul oii mon cœur ait eu part
DAHON.
i?arlez-vous tout de bon ?
CÉLIANTE.
Oui , je vous le proteste.
L'esprit a cotnmencé , le cœur a fait le reste. Mon esprit vous outrage , et mon cœur s'attendrit.
DAMOW.
Croyez donc votre cœur, et jamais votre esprit. Mais encor, dites-moi par quel caprice étrange Vptre esprit contre moi se gendarme ?
CÉLIAWTE.
Il se venge De ce qu'il ne peut pas régler mes sentiments : Il m'inspire souvent de certains mouvements Qui suspendent l'effet du penchant qui m'entraîne , Et tiennent du mépris , et même de la haine. Vous êtes soutenu par l'inclination , Mais souvent maltraité par la réflexion.
DAMON
En voulant m'obliger, vous me faites injure.
J'ai donc bien des défauts dont votre esprit murmure ?
CÉLIAWTE.
Des défauts! des défauts! je ne finirois point Si je voulois à fond examiner ce point.
Cette discussion n'est pas fort nécessaire.
CJÊLIANTE. ^^
Premièrement, Monsieur, sous un air très-sincère. Vous êtes faux, rusé, malin comme un démon.
DAMON
Je pense....
C3ÉLJANTE.
f Ecoutez-moi, cela vaut un sermon.
De plus, vous vous croyez un mérite suprême, Et vous n'estimez rien à l'égal de vous-même :