‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 27 sur 350 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

Vous TOUS raillez sous main de vos meilleurs amis , Quoique toujours près d'eux complaisant et soumis : Votre intérêt vous guide , et seul vous détermine : Chez vous, en grand secret, l'amour-propre domine : Quand vous n'êtes point vu , vous courez au miroir , Et vous vous régalez du plaisir de vous voir. Ce portrait-là n'est pas fort à votre avantage; Mais, malgré vos défauts, je vous aime à la rag«.

DAMOir.

Quoique vous m'accusiez ici de fausseté , Oserois-je imiter votre sincérité?

CÉLIANTG.

Fort bien.

DAHOir.

Vous êtes belle , aimable , généreuse; Mais vous êtes hautaine , inquiète , orgueilleuse. Le bonheur du prochain vous cause de Tennui , Et vous amaigrissez de l'embonpoint d'autrui. Vous avez de l'esprit , mais souvent il s'égare ; Il vous rend d'une humeur inconstante et bizarre. Toute femme qui plaît vous trouve en son chemin ; Et vos yeux font la guerre à tout le genre humain. Votre sincérité, dont vous faites parade. N'est jamais que l'effet d'une brusque incartade. Sans choix , tout est pour vous matière à discourir. Et le moindre secret vous fatigue à mourir. Ce portrait-là n'est pas fort à votre avantage ; Mais, malgré vos défauts, je vous aime à la rage.

CÉLIABTTE.

Vous m'aimez?

DAHON.

Que le ciel m'écrase en ce moment, S'il fut jamais , Madame , un plus fidèle amant. Bien que quelques défauts obscurcissent vos charmes, Mon cœur, trop prévenu, n'en conçoit point d'alarmes,

CJÉLIANTE.

Pour moi, j'en suis frappée ; ils m'alarment pour vous. Vous me connoissez trop pour être mon époux r On ne m'aura jamais sans me croire parfaite.

DAMOir.

Eh bien! vous l'êtes donc. Êtes-vous satisfaite?

CÉLIANTE.

Non. Ce fade retour ne sauroit me toucher.

DAMON

J'ai voulu badiner, et non pas vous fâcher.

GJ^LIAICTE.

Puis-je compter encor sur votre complaisance?

DAMON

Sans doute.

CÉLIAWTE.

Pour jamais évitez ma présence,

BAHON.

Vous raillez?

C^LIAWTE.

Point du tout. Partez dès ce moment, Ou je ne réponds pas de mon emportement.

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