ACTE III, SCENE VIL SgS
Mon nom n'impose pas; mais....
LE COMTE
Cela peut bien être.
PHILINTE
Tel qu'il est, puisqu'il faut qu'il vous soit décline....
( en faisant une profonde référence. )
Je m'appelle Philinte.
LE COMTE
Oh! j'ai donc deviné.
Je vous ai reconnu d'abord aux révérences.
PHILINTE , d*un air très-humble.
Je ne puis vous marquer par trop de déférences Combien je vous honore.
LE COMTE
Et vous avez raison.
Mais de quoi s'agit-il ? Parlez-moi sans façon.
PHILINTE
Valère est mon ami ; vous le savez , je pense ?
Que m'importe cela?
PHILINTE
Tantôt en sa présence , Si j'en crois son rapport (et j'en suis peu surpris) Vous m'avez honoré.... d'un assez grand mépris.
LE COMTE
Il vous exaltoit fort ; moi, j'ai dit ma pensée. Votre délicatesse en est-elle Iblessée?
PHILINTE, faisant la révérence.
Ah ! Monsieur, point du tout; je me connois ; je çroi Qu'on peut avec raison dire du mal de moi.
Mais on ajoute encore, à l'égard d'Isabelle,
Que vous me défendez de revenir chez elle.
LE COMTE
Voilà précisément ce que j'ai prétendu Qu'on vous dît.
PHILIKTE.
Je croyois avoir mal entendu.
LE COMTE
Pourquoi?
PHTLINTE.
Vous exigez un cruel sacrifice , Et je doute bien fort que je vous obéisse.
LE COMTE, d*an air raill eur .
Vous en doutez, Monsieur?
PHILINTE
Jamais, jusqu'à ce jour, Je ne me suis senti si plein de mon amour.
LE COMTE
Je vous en guérirai.
PHILINTE
Monsieur, j'en désespère; Et j'en viens d'assurer Isabelle et sa mère.
LE COMTE, mettant son chapeau.
Et VOUS venez me faire un pareil compliment!
PHILINTE
Avec confusion , mais Irès-distinctement.
La nature envers moi , moins mère que marâtre ,
M'a formé très-rétif et très«opiniâtre ;
Surtout lorsque quelqu'un veut m'imposer la loi.