ACTE V, SCENE I. 43r
De ses soumissions la choquante froideur ^ Son souris dédaigneux, son air fier et moqueur, Son silence affecté , tout me faisoit comprendre Que son cœur jusqu'à nous avoit peine à descendre. Mon père, avec ardeur, sollicitoit pour lui; A. peine de deux mots lui prêtoit-il l'appui; Et, sans votre crédit sur l'esprit de mon frère. Qui s'est servi du sien pour ramener ma mère , Le Comte a si bien fait , que tout étoit rompu^ Pour cacher mon dépit , j'ai fait ce que j'ai pu. Mais plus de cet instant j'occupe ma pensée , Plus je sens que j'en suis vivement offensée. Pour un cœur délicat quel triste événement !
LISETTE
Si bien que votre amour est mort subitement?
ISABELLE
Il est bien refroidi.
LISETTE
Parlez en conscience.
N'entre-t-il point ici quelque peu d'inconstance ?
Vous me connoissez mal.
LISETTE
Oh ! que pardonnez-moi ; Et s'il faut s'expliquer ici debpQne foi....
ISA:BjeLl>£.
Eh hie»?*
..... >i-'' LIiSiETtE.
D'auean roman, à ce ^ue. j'imagine, Vousjae pourree' jamais devejbir Théroïne.
43a LE GLORIEUX,
ISABELLE
Croyez-vous m'amuser, quand vous me plaisantez ?
LISETTE
Je ne plaisante point, je dis vos vérités.
Le soupçon d'un défaut vous trouble et vous alarme.
Dès qu'il est confirmé, votre cœur se gendarme.
Trop de délicatesse est un autre défaut ,
Dont vous serez punie , et peut-être trop tôt.
ISABELLE
Mais pouvez*vous blâmer cette délicatesse ? Loin de me témoigner un retour de tendresse, Le Comte me désoie à chaque occasion.
LISETTE
Quoi! pour un peu de gloire et de présomption! C'est là ce qui fait voir la grandeur de son âme. 11 est fier à présent : mais devenez sa femme, L'amant fier deviendra mari tendre et soumis.
ISABELLE
Un espoir si flatteur peut-il m'être permis?