‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 300 sur 350 · ACTE V, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IL

C'est une trahison dont j'étois incapable, Si ramoiir n'eût voulu que j'en fusse coupable.

LISETTE

Vous vous en repentez ?

Je m'en repentirois , Si je vous aimois moins. Mais enfin je voudrois Que vous déclarassiez le motif qui vous porte A marquer pour le Comte une amitié si forte.

LISETTE

Ce motif est très-juste; et quand vous rapprendrez, Bien loin de m'en blâmer, vous m'en applaudirez.,

VALÈRE

Je le veux croire ainsi ; mais daignez m'en instruire.

LISETTE

Je l'ignorois tantôt, et 'ne pouvois le dire. Je le sais à présent , et ne le dirai point.

VALiRE.

Pourquoi vous obstiner à me cacher ce point? Quoi ! faut-il qu'un amant vous trouve si discrète ?

ISABELLE, à Valère.

Mais c'est donc tout de bon que vous aimez Lisette?

VALÈRE

Je l'aime ,*et m'en fais gloire. *

ISABELLE

Urf tel attachement Prouve mieux que jamais votre discernement. Mais quel en est l'objet? Quelle est votre espéraricè?

LISETTE

Souffrez que là-dessus nous gardions le silence, n. a8

ISABELIiC.

J'y veux bien consentir, et me fais cet effort, Jusqu'à ce que l'on ait décidé de mon sort.

VALÈRE

Il est tout dédfâé.

ISABELLE

Juste ciel !

VALÈRE

Et mon père , Pour dicter le contrat, est chez notre notaire.

ISABELLE

Ma mère n'y met plus aucun empêchement?

VALÈRE

Non ; et vous me devez un si prompt changement.

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