SCENE h M. DE BONACCUEIL, LISETTE
LISETTE
Ah! Monsieur! vous voilà revenu de Champagne!
M. BE BONACCUEIL.
Oui; mais avec regret j'ai quitté ma campagne ^ Où la belle saison m'invitoit à rester : A mon bon naturel je n'ai pu résister. Quoique ma folle sœur m'ait joué mille pièces, Son intérêt m'est cher; ses filles sont mes nièces^ Je les aime toujours , et veux absolument Assurer au plus tôt leur établissement.
Je travaiUe surtout à celui de l'amée , Qui s'éloigne un peu trop de sa vingtième année. Et qui reste à pourvoir, dont je suis très-marrie Toute fille à cet âge a besoin d'un mari.
LISETTE
Je ne le sais que trop.
M. BF laONACCUEILe
. Qh ! je te crois^
LISETTE
J'espère Que vous voudrez aussi me tenir lieu de père.
M. DE BONA.GCUEIL.
Va, va, j'y penserai.
LISETTE
Le plus tôt vaut le mieux, ^'ai de fortes raisons....
Je les vois dans tes yeux, friponne. Mais songeons à ma chère Sophie.
LISETTE
C'est votre bienraimëe^
M. DE BOiriLGG0EIL.
Oui, je te le confie, Elle est ma favorite, et l'a bien mérité. Il ne lui manque rien , qu'un peu plus de beauté. Quels talents! quel esprit! Je l'estime, je l'aime. Parce que je suis sûr qu'elle est l^t raison même ; Qu'elle joint la sagesse à l'agréable humeur. Le fin discernement à la bonté du cœur; Digne de recevoir l'encens d^ tous les hommes , 3i nous ne vivions pas dans le siècle où nous sommes; Siècle injuste, pervers, oîi le goût fasciné Par rextéri^ur seul est d'abord entraîné !
LISETTE
Ah ! que vous dites vrai !
M. DE BONA.CCUEIL,
N'est-ce pas une honte , Que de tant de mérite on ne fasse aucun compte,