‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 315 sur 350 · SCENE ïï · texte numérisé non relu

SCENE ïï

Qu'à l'aimable Sophie on préfère une sœur Qui n'a d'autre talent qu'un minois enchanteur, Qui gâte une beauté parfaite et surprenante , Par une humeur hautaine, et même impertinente, Et par un esprit vain , dont l'idiot orgueil A l'hommage d'un roi feroit un froid aecueil ?

LISETTE

Oui; mais le pis de tout, c'est que sa sotte mère ( Pardonnez si je suis avec vous si sincère ) L'idolâtre, la perd, l'applaudit; qui plus est. Lui permet de parler, d'agir comme il lui plah : Et , loin de s'opposer à mille extravagances , Semble se faire honneur de ses impertinences. La modeste Sophie , à chaque occasion , Exposée, au contraire, à son aversion, N'en reçoit que rebuts, que duretés, qu'injures, Ce qui cause céans mille secrets murmures ; J'en ai le cœur percé ; je n'y puis plus tenir,

M. DE BONACCUEIL, attendri.

Et la pauvre Sophie ?

LISETTE

Elle a su se munir D'un fond de patience incroyable , invincible , Qu'elle a l'art de pousser jusques à l'impossible. Mais je lis dans son cœur malgré tous ses efforts; Elle pleure en dedans , et ne rit qu'en dehors.

M. DE BOITA CGUEJL.

Et voilà ce qu'on voit dans plus d'une famille t On porte jusqu'au ciel une idole de fille ,t

Tandi$ qu'à sa fortune on immole ses sœurs, Que pour elle on condamne à la retraite, aux pleurs. Je veux bannir d'ici cette erreur trop commune j^ Et de ma pauvre nièce empêcher l'infortune^ Va la chercher; dis-lui qup je rAtten4s ici.

porbléu! no^3 allons voir...,

Al}[\] Mopsiepr, ]s^ voici,

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