SCENE IIL
Qui ? moi , Madame !
M** ARGANTE
Oui , vous.
tk. DE BCXTAGCtlEIL.
Eh ! c'est tout le contraire.
Avez-vous oublié que vous êtes sa mère ?
m"* argai^te* Je voudlrois le pouvoir.
SOPHIE, tendrement.
Et que vous ai-je faitS^
M** ARGANTE , froidement.
Rien. Vous me déplaisez ; voilà tout.
M. JOE BOIf ACCUEIL*
En effets Quand on a dit cela , l'on a toUt dit.
M"' ARGAllTTE.
Sans doute^
M« DE BOICAGCUEIL.
Or , écoutez , ma sœur.
M"" ARGAKTE.
Eh bien! je vous écoute^
M. DE BONACCUÉIL.
Je vois que Pulchérie a pris tout votre cœur. Et qu'il n'en reste rien pour son aimable sœur. M"^ a R g a ir T £ , ayec un souris dédaigneux'.
Aimable !
M. DE BONACCUEIL.
Aimable 9 oui; je le soutiens encore.
46a L'ENFANT GÂTÉ.
M** ARGA.NT£, d*un ton ironique.
Oh! VOUS avez raison, tout le moade l'adore!
M. DE BOITAGGUEIL.
S'il ne l'adore pas , il devroit l'adorer.
On cherche la plus belle , on vient l'idolâtrer :
Mais, savez-vous pourquoi ? c'est que ceux qui raisonnent
Sont en très-petit nombre, et que les sots foisonnent :
On ne voit que cela. Voilà vos partisans;
Voilà les gens qu'en foule on voit venir céans.
Mais moi , dont le bon sens fait la philosophie ,
Qui vois le vrai mérite éclater en Sophie ,
Qui connois son esprit, sa vertu, son bon cosur,
Je l'adopte pour fille , et vous laisse sa sdEiur.
Vous pouvez, j^y consens , en faire une duchesse,
Et même l'élever jusqu'au rang' de princesse.
Mais, Sophie est à moi; je réclame son bien.
Auquel j'ai résolu de joindre tout le mien.
M"' ARGAirTE, d'un wr effrayé.
Tout le vôtre !
jM. DS BOlTACÇUElt,
Oui , ma sœur ; lui, tenant lieu de père , Je songe à la poui^voir, et j'en fais mon affaire.
Vous seriez si cruel à l'égard dçi sa sœur ?
, M. DE BOWAGCUEIX.
Je partage mes biens , comme* vous votre cœur. Toutefois, pour prouver que je sui§ équitable, Je vous donne le temps d'être plus raisonnable. Je n'ai pas encor pris mon parti sans retour^ Mariez Pulchérie avant la fin du jour ,'