M. DE BONACCUEIL, SOPHIE, LE MARQUIS, LISETTE
M. 1)E BONACCUEIL, courant embrasser le Marquis.
Ah! vous voilà; j'en ai bien de la joie. Un moment tête à tête il faut que je vous voie; Et j'ose me flatter que nous nous entendrons , Lorsque tous deux à fond nous nous expliquerons: Vous êtes bien distrait !
X£ MARQUIS, d'uD air inquiet.
Excusez....
M. DE bÔiTAGCUEIX.
Je pane Que vous brûlez de voir ma nièce Pûlchérie.
LE MARQUIS
Il faut vous ravQÙer , ses charmes m'ont frappé ; Et, malgré moi, mou cœur en est tout occupe.
. , . M. DE BONACCUEIL,
Malgré vous? ^
LE MARQUIS
Oui; je parle ici sans artifice, Je devrois à sa sœur réndr/pliis de justice ; Pour elle ma raison ipe parlq à tous moments,
SOPHIE, d*uu air froidf.
U faut que notre- eœur* règle 4U>s sentiments. Sitôt qu^il a parlé:, la raison, doit se taire.
LE. MARQUIS
Je ne le sens que trop, et n'çn fais point mystère;
Quoîqu'au fond, très-honteux qu'il m'impose la loi De céder au penchant qui triomphe de moi. J\en rougir à V09 yeux ; pardonnes;-lui son crime : Comptez qu'il sent pour vous la plus parfaite estime Dont jamais....
SO PH I E , en souriant.
Vous perdez de précieux instants.
Vos rivaujt sont ici, profitez mieux du temps, Marquis, pour obtenir la juste préférence Dont vous êtes en droit de former l'espérance. Ma sœur va décider sur le choix d'un époux; Allez faire valoir vos droits k ses genoux. Pour peu qu'elle ait de sens , elle vous doit la gloire De vous faire goûter une pleine victoire.
LE MAIiQtT](S, après Ta Yoir regardée tendrement*
En dépit de moi-même il faut vous obéir. Que de justes raisons pour vous de me haïr ! Mais vous en soupçonner, c'est vous faire une offense; Et vous ne me devez que de l'indifférence.
( Il tort lentement et regardant Sophie de temps en temps. } LISETTE, an Mariais.
Bonsoir.