SCENE XIL
M"* A.RGANTE, à son frèr«.
Calmez- VOUS, je vous prie..
M. DjB BO N A. C eu £1 L, ôtant son chapeau.
Soit. Daignez m'écouter, divine Putchérie. Permettez que votre oncle, en toute humilité, Vous conjure d'avoir un peu moins de fierté; D'être un peu plus docile, un peu plus complaisante. "Votre mère à ma voix joint sa voix suppliante : Elle n'exige pas que vous obéissiez , Dieu l'en garde ; elle est prête à tomber à vos pieds. Pour obtenir de vous , sa chère souveraine , Que sur un choix enfin vous décidiez en reine.
( à madanle Argante. )
N'est-ce pas là le ton dont il faut lui parler?
PULCHÉRIE
Quand on a de l'esprit, on aime à l'étaler :
C'est ce que fait Monsieur. Qu'il gronde ou qu'il plaisante,
Sa conversation est toujours amusante.
Continuez : prenez le Ion qu'il vous plaira ,
Et soyez assuré qu'il me divertira.
M. DE BONACGUEIL.
Comment donc! avec moi vous faites la railleuse! j
PULCH^RIJË.
C'est pour vous imiter.
M. DE BOKACCUEIL.
La petite orgueilleuse !
Est-ce là le respect ?,,.
PULCni^RIE.
Parlez honnêtement, Et je vous répondrai plus convenablement. II. 3 1
/|8a L'ENFANT GÂTÉ.
M. DE BONA.CCUEIL.
Ventrebleu ! finissons , et changeons de manière.
PULCHÉRIE
Le ton d'autorité me rend encor plus fière : Je vous en avertis ; c'est mon aversion.
M. DE BONACCUEIL, à la compagnie.
Admirez les effets de l'éducation !
Voilà pour vous, ma sœur, un illustre trophée!
M"* ARGAITTE.
Par vous mal à propos je suis apostrophée. Pulchérie est très-sage ; et cette qualité Lui donne , à mon avis , une juste fierté : Sa fierté vous répond de sa bonne conduite , Et vous démontre assez que je l'ai bien instruite.
M. DE BOJNÂGGUEIL.
Tout au mieux ! ces messieurs vous en seront témoins , Et vous remercîront de l'effet de vos soins.
m"* argante.
Ah ! cessons de railler.
M. DE BONACCUETL.
Avez-vous, je vous prie, De mes intentions informé Pulchérie?
M"* ARGAWTE.
Oui , vraiment.
M. DE BONACCITEIL.
Qui peut donc l'empêcher de choisir?
PULCHERIE
Vous me permettrez bien d'y penser à loisir ?
M. DE BONACCUEIL.
A loisir! Tout à l'heure, ou je vous déshérite.