SCÈNE XIII
M. DE BONACCUEIL, M™' ARGANTE, PULCHÉ- RIE, SOPHIE, LE MARQUIS, LISETTE.
M. DE BOITACCtTEIL.
Et trois; sans compter deux mille autres, Dont les justes mépris ont bien payé les vôtres. Voyons si le Marquis aura le même sort. Vous gardiez-vous pour lui ? Ferez-vous bien l'efforl D'accepter à la fin son ratig et sa personne ? Songez-y. Vous seriez trop modeste et trop bonne. N'est-il pas vrai?
PULCHÉRIE
Mon oncle, il ne faut point railler.
Si quelqu'un à mes yeux a jamais su briller. C'est Monsieur.
SOPHIE, à part.
Juste ciel ! que je suis malheureuse I
PULCH^RIE.
Mais dût-on me traiter de vaine, d'orgueilleuse, Le bonheur où mes vœux ont toujours aspiré, C'est d'avoir un mari plus hautement titré.
LISETTE, à M. de Bonaccneil.
Je VOUS l'avois bien dit.
M. DE BONACCUEIL.
Si bien , mon adorable , Qu'un marquis est pour vous un parti méprisable.
PULCHÉRIE
Pour méprisable , non. Mais Monsieur est d'un sang
A pouvoir obtenir encore un plus haut rang.
Je sais qu'il l'obtiendra, pour peu qu'il sollicite.
Et, s'il y réussit, je connois son mérite ,
Il n'aura pas de peine à me déterminer :
Mais ce n'est qu'à ce prix que je veux me donner.
c'est votre dernier mot , apparemment?
l^ULGUERIE.
Sans doute.
M. DE BONACCUEIL, au Marquis.
Eh bien ! que dites-vous à tout cela ?
LE MARQUIS
J'écoute.
M. DE BONACCUEIL.
(à Pulchérie.)
Je VOUS entends, mon cher. Si bien donc , entre nous , Qu'il faut être au moins duc pour être votre époux?