‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 340 sur 350 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

PULGHÉRIE.

Rien n'est plus assuré.

M. DE BONA.CCUEIL.

Vous avez l'âme fière ; Et j*en fais compliment à votre sage mère.

M"* ARGAWTK.

Mais , mon frère, après tout, pourrois-je la forcer A penser autrement qu'elle ne peut penser?

Ce seroit conscience , et vous seriez barbare.

(àPulchérie.)

Princesse, votre humeur hautement se déclare; La mienne va tout haut se déclarer aussi ; Et cela sera fait en deux mots. Les voici : Ma sœur est une folle , et vous une arrogante. Je pourrois vous traiter même d'impertinente ; Mais, pour être si franc, je suis trop circonspect, Et j'appréhenderois de manquer de respect. Je me bornerai donc à vous bien faire entendre Qu*à ma succession vous cessiez de prétendre. Dès cet instant, ma reine, il faut y renoncer.

PULCHÉRIE, fièrement.

Faite comme je suis , je puis bien m'en passer. Je conviens qu'à ma sœur elle est plus nécessaire; Et, par votre secours, elle aura de quoi plaire.

m"* argaîjte.

C'est fort bien dit.

PULCHÉRIE

Le bien ne sauroit me tenter , Dès qu'il faut pour l'avoir se laisser insulter,

Et souffrir qu'à l'insulte on joigne la menace.

Je n'ai plus rien à dire , et je quitte la place.

Adieu.

M""' ARGANTE, à M. de Bonaccueil.

Vous avez tort, et ma fille a raison.

M. DE BOWACCUEIL.

Je m'en vais devant vous lui demander pardon. Suivez-moi , vous verrez une scène plaisante.

m"* ARGANTE.

Mais....

M. DE BONACCUEIL.

Il faut que je crève , ou que je me contente.

LISETTE, à Sophie.

Ceci vous intéresse ; et je vais écouter Tout ce qui se dira , pour vous le rapporter.

(EUele^snît.)

Page 1