‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 44 sur 350 · I.B MARQUIS · texte numérisé non relu

I.B MARQUIS

« Marquis, écoutez-moi, dit-elle gravement:

ce Quoique de tous vos soins je me tienne honorée,

c( Je ne puis vous aimer, la chose est assurée :

a Mais ma sœur plus aimable, et plus belle que moi,

« Sans doute recevroit vos vœux et votre foi.

« Si vous voulez me plaire, offrez-lui l'un et l'autre;

« Demandez^ui son cœur, et donnez-lui le votre :

« Son mérite éclatant bientôt vous charmera ,

« Et de votre mémoire enfin me bannira.

« J'exige cet effet de votre complaisance ;

<c Sinon, je vous défends pour jamais ma présence.»

ARÏSTE.

Mais vraiment ce discours étoit plein de raison.

LE MARQUIS, vivement.

Vos applaudissements sont fort peu de saison.

ARISTE

Enfin , que fites-vous ?

LE MARQUIS

Je devins en furie De voir que Ton m'eût fait cette supercherie. Ce n'est pas tout encor.

ARISTE

Quoi! pas tout, dites-vous?

Que fait-elle de plus?

LE MARQUIS

Elle me rend jaloux.

ARISTE

Et de qui ?

LE MARQUIS

Je ne sais. Mais enfin la cruelle M*a juré qu'elle aimoit ailleurs. Jamais, dit-elle, Rien ne pourra ravir son estime et son cœur A celui qu'en secret elle en rend possesseur.

ARISTE, àMélile.

Avez- VOUS dit cela ?

MÉLTTE.

Je ne puis m'en défendre :

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