ACTE III, SCENE IIL
Oui, j'aime, et j'aimerai.
ARISTE, au Marquis.
J^ ne saurois comprendre Que vous l'aimiez encore après de tels aveux , Vous , dont mille beautés en vain briguent les vœux.
LE MARQUIS
D'un cœur rebelle et fier l'ordinaire supplice , C'est qu'il aime à la fin , et que Ton le haïsse. Mais si d'elle, une fois, je puis me dégager. Par les plus durs mépris je prétends me venger.
ARISTE
Hâtez-vous, croyez-moi.
MILITE
J'aime qu'on me méprise.
LE MARQUIS
Morbleu !.... Mais j'ai tout dit : imitez ma franchise. Ariste , est-ce pour vous que je suis maltraité ?
ARISTE
Je vous laisse avec elle en pleine liberté.
Voyez si vos efforts pourront , en mon absence ,
Attirer plus d'égards et de reconnoissance.
Vous voulez l'épouser. Je vous jure d'honneur
Que , si cela se peut, j'y consens de bon cœur.
Mais je connois Mélite; et si quelqu'un possède
Son estime et son cœur , vous souffrez sans remède,
A moins que, résolu de n'aimer plus en vain.
Vous n'offriez ailleurs vos vœux et votre main.
Vous ne pourriez mieux faire, à vous parler sans feindre;
Croyez-en un ami qui ne peut que vous plaindre.