SCÈNE VL ARISTE, MEUTE, pÈLIANTE, PiNETtE
CÉtlANÏE.
Ouï, son procédé m'irrite; l'en veux avoir raison.
MÏLITE»
Modérez ce courrout :
Peut-être a-t*il dessein de 9^ donner à vous. II. 7
CJÉLIANTE.
Qu'il m'adore , s'il veut ; je le hais , le déteste. Me croyez-vous donc fille à prendre votre reste?
ARISTE
De qui parlez-vous là?
MILITE
Nous parlons du Marquis.
CÉLIANTE.
M'adorer par dépit ! Ah ! le trait est exquis. Je voudrois bien savoir si , sans extravagance , Quelqu'un vous peut sur moi donner la préférence. Pour vous offrir ses vœux , ma sœur, plutôt qu'à moi , ,11 faut être imbécille ou philosophe.
ARISTE
Eh quoi!
Toujours désobligeante! Est-elle criminelle, Si quelqu'un près de vous ose la trouver belle ?
Me voyez-vous , ma sœur, chercher des soupirants , Ou, pour vous les ôter, m'offrir à leur encens? Faut-il même avouer, pour vous rendre contente, Que mes traits font horreur, que vous êtes charmante? Je le déclarerai devant qui vous voudrez , Et tout autant de fois que vous l'exigerez.
CÉLIAWTE.
Ce seroit là nous rendre une égale justice;
Mais je n'exige point un pareil sacrifice.
Ne parlez point pour moi, mes traits parleront mieux
A quiconque a du gpÛJ:^ de l'esprit et des yeux.