ACTE IV, SCENE VI
Quant à notre Marquis, c'est chose très-constante. Que j'ai dû plus que vous lui paroître charmante. Étant homme de cour et parfait connoisseur , Il m'offense en osant me préférer ma sœur. Pour s'arracher à vous il m'offre son hommage. Me le fait agréer ; et c'est un double outrage Qui me pique à tel point, que je m'en vengerai.
ARISTE
Et de quelle façon?
CÉLIAWTE.
Je lui déclarerai Qu'il a parfaitement Fhonneur de me déplaire.
ARISTE, riant.
Il sera fort touché d'un aveu si sincère !
CELIANTE.
Que si c'est par dépit qu'il s'est offert à moi> C'est par dépit aussi que j'ai reçu sa foi.
ARISTE, riant.
Bon!
ClBLIAIfTE.
Que ma sœur, bien loin de répondre à sa flamme ^ Le méprise.
ARISTE
Fort bien !
cil<IANXS.
Et qu'elle est votre femme.
ARISTE, effrayé.
J'ai des raisons encor pour cacher mon secret ; Et principalement au marquis du Lauret.
loo LE PHILOSOPHE MARIÉ.
mjSlite.
Quelle obstination ! Votre oncle et votre père Veulent vous marier, est-il temps de vous taire?
AIUSTE.
Sur cet article-là ne vous alarmez pas ; Je trouverai moyen de sortir d'embarras.
MILITE
Quoi! sans vous expliquer sur notre mariage?
ARISTE
Si vous m'obéissez, c'est à quoi je m'engage.
MÉLITE
J'obéirai, pourvu que vous juriez aussi D'empêcher le Marquis de revenir ici.
ARISTE
Moi, l'empêcher! Comment? Que pourrai-je lui dire?
MÉLITE
Que je suis votre femme»
ARISTE
Il n'est point de martyre Que je n'aimasse mieux mille fois endurer , Que de prendre sur moi de le lui déclarer.
MÉLITE
Eh bien! pour ne vous faire aucune violence, Permettez qu'au Marquis j'en fasse confidence.
ARISTE
N'est-ce pas même chose? Et dès qu'il me verra....
CÉLIAWTE.
Voyez le grand malheur , quand il vous raillera ! Mon cher beau-frère,àutant que je puis m'y connoître, Vous êtes marié , mais très-honteux de l'être.