‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 76 sur 350 · ACTE IV, SCENE IX. io · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IX. io

La fille est-elle aimable?

ARISTE

Oh ! c'est une beauté.

LE MARQUIS

A-t-cUe de l'esprit , dites-moi?

ARISTE

Comme un ange.

LE MARQUIS

Et vous la refusez ?

ARISTE

Ouï.

LE MARQUIS

Vous êtes étrange !

Et si totre oncle va me donner tout son bien ?

ARISTS.

Qu'il me laisse en repos , et je n'y prétends rien.

LE MARQUIS

Malgré cela pourtant je regrette Mélite.

ARISTE

Vous vous exagérez un peu trop sou mérite ; Pour moi , je n'y vois rien qui soit si merveilleux.

LE MARQUIS

On vous soupçonne fort d'avoir de meilleurs yeux. Non, Mélite jamais ne peut être oubliée; Mais j'y dois renoncer, puisqu'elle est mariée.

Mariée !

LE MARQUIS

Oui 9 vraiment.

ARISTE

Vous voulez plaisanter.

LE MARQUIS^ lui frappant sur Tépaule.

Notre ami, c'est un point dont je ne puis douter:

On a su découvrir cette affaire secrète

Par la sœur de Mélite, et même par Finette;

Et ceux qu'elles avoient choisis pour confidents,

M'ont confié le fait depuis quelques instants.

On sait même le nom du mari de Mélite;

On vante son esprit , son bon cœur , son mérite ;

Grand philosophe, mais bizarre, singulier;

Honteux d'avoir en^ osé se marier ,

Et voulant au public cacher cette sottise ,

De crainte qu'à son tour on ne le tympanise.

(Il rit.)

Ne le pourriez-vous point connoître à ce portrait?

▲RISTE.

A peu près.

LE MARQUIS

Ah ! tant mieux , j'en suis fort satisfait. Eh bien ! dites-lui donc qu'on sait son mariage ; Et conseillez-lui fort de s'armer de courage , Afin de recevoir galamment aujourd'hui Certains petits brocards qui vont fondre sur lui\

(Il sort en riaot. )

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