‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 83 sur 350 · ARISTE, DAMON, MÉLITE, CÉLIANTE, FINETTE · texte numérisé non relu

ARISTE, DAMON, MÉLITE, CÉLIANTE, FINETTE

JDAMOir.

Je viens vous informer d'une fâcheuse affaire : J'ai trouvé près d'ici votre oncle et votre père , Sortant de la maison du marquis du Lauret , Où sans doute ils avoient appris votre secret. Votre oncle , transporté de colère et de rage , iPrétend faire , dit-il , casser le mariage , Comme ayant été fait à l'insu de parents, Et trouve pour cela vingt moyens différents.

MJÉLITE.

Ciel! que nous dites-vous?

DAMON

Ce xjue je viens d'entendre.

AAISTE.

Et mon père ?

DAMON

Il s'efforce en vain à vous défendre. Votre oncle , prévenu , refuse d'écouter , Et, s'il n'est secondé, veut vous déshériter. Une telle menace alarme votre père, Qui ne sait de quel biais ajuster cette affaire. Ils sont partis easaaable, et vont , je crois ^ tous deuit Consulter sur ce point un avocat fiimeux.

UULITE.

Et dans un tel péril Artste iw'afcanclormc ?

ii6 LE PHILOSOPHE MARIÉ.

ARISTE

Non. L'éclat que j'ai craint n'a plus rien qui m'étonne:

Votre péril me rend la noble fermeté

Qui des cœurs vertueux fait la félicité.

Je vais d'un front serein faire tête à l'orage.

Que le public surpris fronde mon mariage,

Que mon oncle irrité me prive de son bien ,

On veut nous séparer, je ne ménage rien.

Je vais trouver mon oncle, et moi-même lui dire

Qu'à m'arracher à vous c'est en vain qu'il aspire ;

Et je lui ferai voir, en bravant son courroux.

Que rien n'est à mon cœur si précieux que vous.

Je reconnois Ariste, et n'ai plus rien à craindre. Mais au premier abord tâchez de vous contraindre, Et souffrez tout le feu du premier mouvement

ARISTE

C'est mon dessein. Allez à votre appartement, Et ne paraissez plus qu'on ne vous avertisse.

MÉLITE

O ciel! protège-nous, j'implore ta justice.

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