‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 98 sur 350 · SCENE II. i · texte numérisé non relu

SCENE II. i

quiver ; et votre curiosité m'a pensé coûter la vie. Tenez, voyez mon habit; il est tout en pièces.

LTGAlfDRS.

Mais enfin, n'as-tu rien appris?

l'olive.

Non , Monsieur ; mais j'ai entendu battre des mains.

LTCAWDRE.

De la porte ?

l'olive.

Bon ! du milieu de la rue.

LTCANDRE.

Souvent ?

l'olive. A chaque instant.

LTCANDRE.

Et tu n'as d'autre chose à me dire?

l'olive.

Non, Monsieur.

LTCANDRE, d'un ton furieux.

Retire-toi , maraud , retire-toi , et ne te présente jamais devant mes yeux.

l'olive.

Est-ce ma faute , à moi , si on a battu des mains?

LTCANDRE.

Tu n'es qu'un oiseau de mauvais augure, qui ne m'annonce jamais que de tristes nouvelles. l'olive.

Tenez , Monsieur, il y en aura peut-être de meilleures dans cette lettre , qu'on vient de me donner pour vous , lorsque je suis rentré.

i38 L'ENVIEUX.

LTCATTDRE.

Donne , et sors au plus vite ; je ne saurois plus te souffrir.

l'olive, à part.

Je crois qu'il a lé diable au corps. Le bonheur d'autrui le désespère. Si j'avois entendu siffler, il m'auroit embrassé de tout son cœur.

LYCANDRE.

Que dis-tu ?

l'olive.

Je dis que je voudrois de tout mon cœur qu'on eût sifflé la pièce nouvelle.

LYCAWDRE.

Tu le voudrois de tout ton cœur?

l'olive.

Ouï, Monsieur.

LYCANDRE.

Ah! voilà du sentiment. Va , je te pardonne ; mais , une autre fois, prends mieux garde à ce que tu diras. Laisse-moi seul, et ne manque point de m'avertir, quand la compagnie sera rentrée.

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