‹ Œuvres du chevalier de Boufflers, membre de l'InstitutChapitre 100 sur 120 · PHÈDRE, THÉSÉE, LE CHŒUR · texte numérisé non relu

PHÈDRE, THÉSÉE, LE CHŒUR

THÉSJÉE.

Où vous emportent le désespoir et la fureur ? Pourquoi ce glaive? pourquoi ces cris? pourquoi ces larmes répandues sur ces restes odieux ?

PHÈDRE

C'est moi , c'est moi qu'il fallait frapper. Cruel dieu des flots, appelle contre moi tous les monstres des gouffres profonds et des mers lointaines. O Thésée 9 toujours errant et toujours funeste ! tantôt un père , tantôt un fils paient votre retour de leur sang ; également fatal aux vôtres par votre amour ou par votre haine pour vos épouses. O déplorable Hippolyte l que vois-je , et qu'ai-je fait ? Quel monstre, quel Procu&te, quel informe Minotaure oïit ainsi dispersé tes membres mutilés ? Qu'est devenue cette beauté pour moi si funeste ? où sont ces yeux , les astres de ton amante ? Tu es étendu sans vie : reprends un moment tes sens , écoute-moi ; mes discours ne sont plus criminels : de cette main je vais te venger et percer mon sein coupable. Phèdre va s'arracher au jour et au crime. Éperdue , je te suivrai

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