‹ Œuvres du chevalier de Boufflers, membre de l'InstitutChapitre 101 sur 120 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

jusque dans les oudes 9 dans les abîmes du Tartare , au travers des flots enflatriraés du Styx; Ah ! que du moins ton ombre reçoive tes tristes dépouilles et cette chevelure coupée sur un front déchiré de mes mains : nos cœurs ne pouvaient êtrfe unis , mais nos destins le seront* Phèdre , s'il te reste quelque pudeur 9 meurs pour ton époux ^ sinon meurs pour ton amant. De quel œil verrais-je cette couche que j'ai voulu profafter? Il ne manquait à mon crime que de jouir de l'amour de Thésée après avoir immolé son fils. O mort! seule consolation d'un malheureux amour, seul recours de la pudeur offensée, c'est vers toi que je fuis , ouvremoi ton sein propice. Écoutez, Athènes ; et vous , pète plus cruel qu'une marâtre , écoutez : mon refait était, faux; j'ai calomnié l'iiinocence, je lui ai imputé mon crime : père barbare ! ton fils expire victime de l'inceste et de la Calomnie ; il fut chaste , il fut Vertueux. O Hippolyte! reprends ta gloire; déjà le fer est plongé dans mon sein impie! et tout mon sang coule pour tes mânes. Thésée, apprends d'une marâtre ce que tu dois à ton fils, et meui*s.

THÉSÉE

Pâle flambeau des enfers, gouffre du Tartare, marais éternels du Cocyte s , et toi Léthé , fleuve si * cher aux malheureux, emparez- vous d'une impie, et préparez-lui d'éternels tourmens ; accourez , monstres des mers, si dociles a ma tfqix, arrivez des antres profonds de Protée, entraînez-moi sous les ondes : Et toi , père trop favorable à mon cowïoux , toi dont la cruauté inventive a couvert les rivages des

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membres d'Hippolyte , tourne sur un père coupable tous les Coups que tu viens de porter à un fils calomnié. Où me cacher ? les cieux , les enfers , les mers sont témoins de mon crime : où me cacher ? Et voilà pourquoi j'ai quitté les enfers ! Un double deuil , un double assassinat m'attendait. Privé de .mon fils et de mon époose, je vais du même flambeau allumer deux bûchers. O mon libérateur ! ô Hercule ! rends à Pluton sa victime» rends-moi aux mânes ! En vain j'invoque la mort dont j'ai triomphé ; maintenant Thésée rassemble , surpasse les cruautés .des brigands

que ta main a punis Terre, ouvre-toi; chaos,

reçois-moi ; laissez-moi rejoindre les ombres par un chemin permis; je suis mon fils. Roi des mânes, ne crains rien de Thésée , c'est mon fils que je cherche, c'est lui que je veux joindre dans l'éternelle demeure. Mais lçs dieux sont sourds : ils ne le seraient pas si mes vœux étaient criminels.

LE CHOEUR

Thésée , toutç la vie vous reste pour vos regrets ; songez en ce moment au tribut que vous devez à votre fils. Recueillez au plus tôt ses membres dispersés et souillés par son indigne trépas.

THÉSÉE

Approchez de moi ces restes précieux, ce corps informe ; c'est Hippolyte. Ah ! je reconnais ma rage: oui, je suis ton assascin, et, pour ajouter à mon crime, pour n'être pas le seul coupable, j'ai rendu mon père complice de ma fureur. Le voilà ce secours paterne! ! O vieillesse triste et solitaire ! je n'ai plus

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