‹ Œuvres du chevalier de Boufflers, membre de l'InstitutChapitre 64 sur 120 · DU CINQUIÈME CHANT DE PALINGÈNE · texte numérisé non relu

DU CINQUIÈME CHANT DE PALINGÈNE

Je ne désire point les trésors que 1? Tage

Roule dans ses flots jaunissans, ,

Ni l'or des monarques persans , Ni les perles qu'on cherche à l'indien rivage ; J'aimerais encor moins à vaincre l'univers., À voir cent nations captives dans mes fers :

Tant d'honneur n'est pas plus mon vœu que mon partage.

Fortune , quel prix ont tes dons ?

Des vertus sont-ils le vrai signe?

Je les vois dispensés aux méchans comme aux bons, Et souvent le plus grand est aussi le moins digne. Il est un autre bien que je demande aux cieux, Un bien que ni le sot ni le pervers n'estime :

C'est la vérité , don sublime , Qui rend ses droits à l'homme et l'approche des dieux. Maître du ciel, dis-moi pourquoi cet avantage A tous est interdit , au moins, à presque tous ? En cent lieux tu te plais à montrer parmi nous Des prodiges d'esprit, de beauté, de courage; Pourquoi dans aucun. lieu. ne fais-tu naître un sage? Trouves-tu plu* de gloire à régner sur des fous? Plus les sujets sont grands et plus noble est l'empire: Crains, en nous abaissant, d'avilir ton emploi* Au lieu d'hommes tu veux des bêtes à conduire; Même un simple mortel n'oserait, sans délire, Choisir d'être un vil pâtre au lieu d'être un grand roi.

ÎOO POÉSIES DIVERSES.

Peut-être aussi que notre vie Pour le ciel est un jeu qu'il prend plaisir à voir;

Peut-être que, sans le savoir, Aux dieux le genre humain donne la comédie,

Et que, du matin jusqu'au soir, On s'amuse là-haut de tous tant que nous sommes, Gomme ici-bas d'un^singe on voit rire les hommes. Et que peuvent-ils voir de plus divertissant

Que cette pauvre espèce humaine , Et sa science aveugle, et son audace vaine, Ses projets insensés, son orgueil impuissant? Tantôt c'est un héros qui paraît sur la stène; Tantôt quelque docteur les fait rire en passant;

L'un croit égale!* leur puissance,

L'autre croit avoir leur science :

Chacun veut de l'encens et des autels comme eux : L'homme, je le répète, est le singe des dieux. Mais non, je vous offense, êtres purs et célestes, Vous ne vous plaisez point à des jeux si funestes ; Votre éternel partage est la féliôité; Du malheur des humains vous n'avez point affaire* Ah! si de ce beau lieu, par vous seuls habité, Vous tournez vos regards sur cette obscure terre, Versez dans mon esprit un rayon de lumière Qui me laisse entrevoir l'auguste vérité.

Dans ce séjour de mort montrez-moi l'art de vivre;

Faites que je ne prenne point La route qu'il faut fuir pour celle qu'il faut suivre; Et si vers le bonheur on peut tendre ici bas,

Du haut des cieux guidez mes pas:

TRADUCTION

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