‹ Œuvres du chevalier de Boufflers, membre de l'InstitutChapitre 69 sur 120 · IMITATION DE L'ODÈ D'HORACE · texte numérisé non relu

IMITATION DE L'ODÈ D'HORACE

Solvitur çicris hiems.

Le printemps vient briser les. chaînes de l'hiver ; Il rend l'herbe à nos prés, à nos bois le feuillage, Et nos vaisseaux, longtemps oisifs sur le rivage, A laide du levier sont rendus à la mer :

Je vois de nos troupeaux les étables ouvertes; Je vois de nos bergers les cabanes désertes; La pureté du ciel et la douceur de l'air Ramènent les amours, les chansons et la dansé. Aux rayons de Phébé, les Grâces en cadence Foulent d'un pied léger l'herbe de nos coteaux ; Des nymphes d'alentour j'entends les voix touchantes; Vulcain même y répond de ses forges brûlantes, Et semble à leur cyncert accorder ses marteaux. Aux fêtes, aux plaisirs, bergers, qu'on se prépftre : Entrelacez le myrte, et mêlez-y les fleurs Dont la terre amollie à chaque instant se pare ; Pour chanter, pour danser unissez-vous en chœurs; Au fond des bois sacrés qu'un saint zèle vous guide; Faune aime à s'égarer dans l'ombre de nos bois ; Sur son rustique autel immolez, à son choix, Le chevreau bondissais t ou la brebis. timide. Hâtez-vous de Jouir des jours qui sont à vous ; Hélas ! la pâle Mort frappe des mêmes coups Et les palais dorés çt les pauvres chaumières. Nous projetons beaucoup , mais nous ne vivons guère* ; Les mânes et leur dieu sont déjà près de nous ;

IOÔ POESIES DIVERSES*

Chaque pas nous conduit à leurs demeures sombres : Que deviendront alors les grâces, la beauté, Et de nos gais festins la courte royauté ? (

Plus de chants,plusde jeux,plus d'amour chezles ombres.

TRADUCTION

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