SCENE I
HIPPOLYTE , après avoir ordonné des apprêts de chasse , adresse l'invocation suivante à Diane.
Descends à mes vœux , déesse vierge qui partages avec ton frère le soin d'éclairer le monde ; tes inévitables traits vont chercher les animaux sauvages qui s'abreuvent dans l'Araxe glacé et ceux qui s'abattent dans Pister tranquille. Tu frappes les lions de Gétulie , tu poursuis les cerfs de Crète , et tes rapides flèches percent les daims agiles ; les tigres bigarrés , les buffles sauvages , l'orox indompté , succombent
1 Ceox qui ont la Sénèque verront facilement qu'on a retranché de cette pièce des descriptions inutiles , de froides réflexions et des détails dégoûtans. Mais on croit avoir conservé tout ce qui était essentiel a la marche et a l'intérêt de la tragédie.
1 3a HIPPOLYTE.
sous tes coups ; tout ce qui parcourt les plaines dépouillées du Garamante , les riches forêts d'Arable , les âpres cimes des Pyrénées, les rochers d'Hyrcanie etles champs incultes du Sarmate errant , tout éprouve ton adresse redoutable. O Diane! si dans l'ombre des bois tu daignes écouter les vœux du chasseur , les animaux demeurent enfermés dans les toiles ; jamais leurs efforts ne rompent les filets, et à son retour le char gémit sous une noble proie : alors toute la meute élève gaîment ses têtes ensanglantées , et l'air retentit des chants d'une longue file de chassçurs qui reviennent triomphans à leurs foyers. Mais elle m'entend : les cris aigus de mes chiens m'annoncent sa présence, les forêts m'appellent, je pars et j'évite les détours des chemins battus.