THÉSÉE, LA NOURRICE
THÉSÉE. '
Me voici donc enfin hors de la région ténébreuse. J'ai quitté la vaste et sombre demeure des mânes , et mes yeux affaiblis s'ouvrent à la lumière désirée. Déjà quatre foisÉleusine a partagé les dons de Triptolème, quatre fois la balancea égalé le jour à la nuit , depuis qu'une destinée bizarre m'a enchaîné parmi tous les maux de la mort et de la vie. Malheureux ! il ne me reste qu'une partie de cette vie, et je languirais encore auTartare sans le secours d'Hercule, qui triompha de Cerbère et me fit voir le jour. Mais mon corps abattu n'a plus la même force : quelle fatigue pour traverser les espaces, immenses qui séparent lePhlëgéton du séjour des vivans! quelle peine de fuir la mort et de suivre Hercule !.... Mais qu'en tends-je ? dites, quelle voix lamentable a frappé mes oreilles ? les plaintes , les gémissemens , les sanglots retentissent dans ce palais. N'ai-je donc point quitté les enfers?
LA NOURRICE
Phèdre est résolue à périr ! elle méprise nos larmes et court à la mort.
1 54 HIPPOLYTE
THÉSÉE
D'où vient ce dessein au retour de son époux ?
LA WOÛBHICE.
Ce qui devrait la retenir est ce qui la presse.
THESEE.
Je ne sais ce que cachent ces paroles mystérieuses; parlez clairement : d'où naît sa douleur ?
LA NOURRICE
Elle ne la confie à personne : triste , sombre , elle veut mourir avec st>n secret.
THÉSÉE
Accourez, accourez, le moment presse, ouvres les portes du palais.