ACTE IV, &C&NE I. l
les suit toujours , tantôt courant à coté du chai* , tantôt le devançant ? et revenant par. un circuit s'offrir à sa rencontre. La fuite devient inutile : l'animal furieux s'élance à la tête des chevaux, ouvrant une gueule effroyable : les coursiers oublient et leur maître et leur frein ; ils s'agitent , se débattent y se cabrent, et renversent le char. Hippolyte tombe; dans sa chute les rênes se nouent autour de son corps et le retiennent : plus il fait d'efforts, plus les nœuds se serrent; les coursiers sentent le char vide ; ils ne connaissent plus la main qui les régissait, et fuient au hasard. Tels les chevaux du jour > indignés d'être conduits par un autre que Phébus , précipitèrent Phaéton du haut des cieux. Déjà les champs sont rougis du tang d'Hippolyte ; sa tête brisée frappe et retentit contre les rochers; sa chevelure reste dans les chardons et dans les ronces ; les cailloux aigus déchirent son beau visage; ses charmes malheureux disparaissent; le rapide essieu brise ses membres mourans ; enfin sa poitrine s'enfonce sur les éclats d june souche à demibrûlée. Le char s'arrête un instant , et les chevaux , faisant un nouvel effort, entraînent et brisent le corps de leur maître ; les buissons et les épines achèvent de le déchirer : à chaque obstacle nouveau il reste une partie d'Hippolyte. Ses tristes esclaves errent dans les champs ; aidés de ses chiens fidèles , ils suivent la longue trace du sang, et recherchent ses précieux restes ; mais leurs pitoyables soins n'ont pu tout rassembler. Q fatale beauté ! le voilà ce brillant collègue, ce digne héritier de son auguste père, qui naguère
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semblait l'astre de cet empire : aujourd'hui ses membres épare ne seront pas même tous réunis sur son bûcher , etune partie d'Hippolytemanquera dans son tombeau.
THÉSÉE
O puissante nature ! le courroux d'un père ne saurait briser tes noeuds ; j'ai demandé la mort du coupable , et je le pleure.