RÉUNION DU VALAIS A L'EMPIRE
En 1798 et 1799 des troupes françaises appelées par le directoire heiyétiqne dans le haut Valais y ont laissé quelques souvenirs.
Mœurs du paps, diipotitkms des hahiiants à l'égard de la France. — L'ensemble des faits et des lois qui viennent d'être présentés annoncent assez que les mœurs, les opinions, les affections du Valais, et surtout de la partie supérieure du pays, ne peuvent pas être plus favorables à la France qu'utiles au pays même, et que les institutions politiques, loin de suffire, soit pour améliorer la condition et l'esprit des habitants, soit pour faire cesser leur antipathie pour la France, contenir ou réprimer les malveillances et garantir la sûreté et la facilité que Sa Majesté est en droit de vouloir sur la route de France en Italie, favorisent au contraire et confirment Tesprit d'opposition et d'inimitiéqui se fait senth* en toute circonstance.
L'habitude d'une vie solitaire dans les habitations isolées du haut Valais, où l'état social existe à peiné, et où, par cette raison , loin de sentir le besoin d'un gouvernement, on en craint le poids et les chidnes comme le plus grand des malheurs; une indifférence sauvage pour toutes les jouissances; Taversion pour un travail régulier et suivi, aversion excusable dans un pays six mois couvert de neigeât brûlé trois mois par un soleil ardent; l'ignorance la plus grossière dès arts les plus nécessaires, une jalousie profonde des propriétés et des pouvoirs cammvniers qui sont concentrés entre les anciennes familles du pays, la haine pour les étrangers, l'orgueil invétéré de Pindépendance individuelle, un souvenir malade d'une ancienne domination sur le bas Valais, enfin une superstition aveugle, caractérisent les habitants du Valais supérieur et les disposent au double fanatisme de la religion et d'une liberté sauvage, qui semble toujours se préparer au développement par des exercices de tirages fréquents, où se mêle un peu d'humeur guerrière et d'inclination belliqueuse.
Cette disposition naturelle est fortifiée par le voisinage des cantons de la Suisse qui dans tous les temps ont passé pour plus affectionnés à l'Autriche qu'à la France; par l'identité de langage avec ce premier pays, par l'ignorance absolue de la lange française, par la crainte de voir le régime communal de la France prova-
loir sur Tesprit communier et exclusif du Valais, et faire tourner au profit de la conunune entière les revenus dont profitent seulement les communiers; enfin par le ressentiment des corrections données par les troupes françaises de 1798 et 1799. De toutes ces causes naît une forte opposition à toutes les idées françaises, même lorsqu'elles sont sanctionnées par le gouvernement du pays.
Enfin ces sentiments sont fortement exaltés par les prêtres du haut Valais.
Les prêtres détestent la France dans le Valais, parce qu'elle a aboli les dîmes, vendu les propriétés ecclésiastiques, remis la nomination des curés aux évêques, soumis cette nomination à l'approbation du Gouvernement, recommandé leur conduite à la surveillance de l'administration, et parce qu'enfin elle a tracé entre l'autorité ecclésiastique et l'autorité temporelle une limite sur laquelle le Gouvernement a toujours les yeux. Dans le haut Valais, il y a une raison de plus que dans le Valais inférieur pour que les prêtres soient ennemis de la France: c'est que, nommés par le peuple, qui ne l'aime pas, ils sont choisis entre les plus ennemis. Aussi le patronage des communes fait qu'il entre dans l'éducation d'un Valaisan qui se destine à la prêtrise de professer la haine pour la France, afin d'ohtenir des suffrages pour une cure ou un vicariat, et de persévérer ensuite dans ce sentiment afin de les justifier.
La puissance des curés du haut Valais sur l'esprit du peuple naît d'abord de la confiance qui les a mis en place, ensuite de la conformité qu'ils supposent entre l'intérêt que le bourgeois a de conserver ses biens et son indépendance avec l'intérêt qu'ils ont à conserver leurs fonds et leurs dîmes; elle naît aussi de leur propre indépendance relativement à l'autorité séculière , de leurs relations avec le légat résidant en Suisse, delà faiblesse de l'évêque;ellenaltenfinde l'avantageque leur donne un peu de savoir sur la parfaite ignorance, un peu d'aisance sur la pauvreté, la pompe de la solennité religieuse et la richesse de leurs églises sur des solitaires qui ne se rencontrent qu'une fois par semaine sur le chemin de la paroisse; quelque talent ou quelque exercice dans Tart de la parole sur des hommes que les inlenipcries, les ébon-