SECONDS PARTIE
Naissance et variations de la royauté.
Chapitre \,—Du commandanent des premiers rois de la première race. — La direction des bandes était devenue commandement militaire sous les premiers rois de la première race. — Les ducs^ duces, avaient pris le titre de rois, reges, donné par les Romains et uniquement parce qu'il avait plu aux Romains de le donner. Ce fut seulement de Clovis à Clotaire II, c'est-à-dire du commencement du sixième au commencement du septième siècle, que le commandement devint gouvernement et que le mot de reges commença à prendre un sens. — Le pouvoir marchait d'abord sur les traces des empereurs : l'obéissance des Francs se laissait aller à l'exemple de la partie des Gaulois que les mœurs et les influences romaines avaient amollie et asservie ; d'ailleurs le commandement heureux dans ses entreprises est, de sa nature, un pouvoir arbitraire et absolu.
Tâchons de nous faire une idée juste de cette période du commandement.
Ce qu'on appelle les premiers rois de la première race, qui n'en étaient que les ducs, s'arrogèrent le droit de vie et de mort, et le droit d'imposer des tributs, c'est-à-dire que sous leur pouvoir il n'y avait ni sûreté ni propriété. Exemples : Les assassinats commis par Clovis, les impôts essayés par Cbilpéric, etc.
Tout cela était du commandement.
Montesquieu attribue ces attentats à la corr^tion. Ce n'était pas corruption, c'était pure barbarie, ignorance de toute règle, de toute notion morale et politique, ignorance parfaite de tout principe social.
C'étaitle/wrcammanrfemcn/.— Le chapitre suivant nous fera voir comment il se transforma en royauté. Chapitrb II. — Premières bases de Vétat social en France, et création de la royauté, ou première royauté française. — Qa furent les arrière- neveux de Clovis, Chidebert II et Clotaire II, qui fondèrent l'état social parmi les Francs et créèrent la royauté. — Déception des Francs dans les premières bases qu'ils admirent. Ces deux règnes sont une grande époque pour la France et pour la couronne. Childebert et Clotaire II furent conduits par des personnes d'esprit; Brunebaut en montra beaucoup à la création du pouvcnr.
Analyse des lois qui ont créé un intérêt public et l'ont mis dans les mains royales; comment s'est formé un intérêt royal qui n'a pas toujours été Vinté' rêt public.
Les Francs se prêtèrent au système des rois» parce que, quand ils eurent des terres dans les Gaules et qu'ils firent corps avec les Gaulois, le besoin de ga-
rantie se fit sentir, et ils acceptèrent celles qui s'offraient dans la législation et dans la magistrature romaines modifiées; ils étaient d'ailleurs sous l'influence des prêtres, dont les rois avaient pris les droits et l'existence sous leur protection et dont ils avaient fait leur affaire. Les Francs étaient aussi sous llnfluence des Gaulois ou Romains, qui étaient tous plies aux lois que les rois faisaient prévaloir.
Ce qui empêcha le pouvoir d'aller de plein saut à l^arbitraire empêcha ses excès à sa naissance.
1° Les rois avaient besoin de «'ontenir les Francs pour ne pas révolter les Gaulois; ils ne pouvaient les contenir que par les Gaulois eux-mêmes; il fallait donc ménager les Gaulois et ne pas trop entreprendre sur les Francs.
2** Le clergé, qui avait aussi l'ambition de s'élablir, gagnait l'oreille des peuples pour se rendre important aux rois.
3° Les rois étaient continuellement en guerre les uns avec les autres; la France était sans cesse mutilée, et coupée, et recoupée, et le despotisme n'avait pas le temps de jeter ses racines.
4*^ Enfin les peuples, les grauds mêmes, lassés de ces continutls changements, des guerres qu'ils entraînaient, des minorités et des reines régentes, des rois bâtards des plus viles concubines, tous /rui^5 abusif^ de Vhérëdité et des partages^ se donnèrent, sous le nom de maires, le même chef qu'ils avaient en commençant l'établissement, c'estrà-dire un duc électif. Chapitre IW.—AboMifm de ftit de la royauté. — Retour des ducs de France, qu'on a confondus contre toute toute raison avec les maires du palais.
Cette période commence à la fin du règne de Clotaire II et va jusqu'à Pépin, père de Charlemagne, commencement de la troisième race.
Des rois dits fainéants, non dans ce sens qu'ils se plaisaient à ne rien faire, mais en ce sens qu'on ne permettait pas qu'ils fissent rien.
Des interrègnes.
Des maires du palais. — Fin des Mérovingiens. Chapitre IV. — Royauté., , . .