‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 124 sur 478 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Catherine, personnellement attaquée, se met en défense. — Les confédérés arrêtent d'enlever le roi , qu'ils supposent prisonnier d'une faction.

La reine, personnellement attaquée dans les écrits du parti, directem^t menacée par des lettres anonymes, voyant que la tolérance dont elle avait eu à cœur de faire jouir les protestants, et pour laquelle elle s'était fait des ennemis parmi les catholiques, ne suffisait pas aux chefs de parti, et que les Colignys avaient regagné le prince de Condé, croit devoir se mettre en défense. L'empereur envoyait des troupes en Belgique pour y réprimer des troubles; elles étaient conduites par le fameux duc d'Albe et devaient traverser la Lorraine ; Catherine prend prétexte de ce passage pour réunir des forces en Champagne, remettre sur pied les anciennes compagnies, lever six mille Suisses, appeler des troupes d'Espagne et de la^cour de Rome (2), et faire des emprunts. Le duc d'Albe et son armée passent, et les nouvelles troupes françaises et les troupes suisses

(1) Anquetil, liv. I, p. 223.

(2) Gastelnau, liv. VI. — Anquetll , Hv. I, p. 269.

DES GUERRE8 DE œUft.

ne sont paâ nooins coaservées. H se répand alors que la destination en doit être funeste aux chefs des confédérés, et que le prince de Condé^ toujours à Valéri, doit être incessamment arrêté ainsi que Famiral ; que ces dispositions ont été résolues dans un conseil secret.

Les chefs du parti se rassemblent d'abord à Valéri, où Ton ne conclut rien; ensuite à Châtillon-sur-Loing^ chez Tarairal ; et là les confédérés résolvent d'enlever le roi, qu'ils supposent prisonnier d'une faction.

Le S6 septembre 1567, la cour inquiète envoie un observateur àChàtillon-sur-Loing pour savoir ce qui s'y passe; l'observateur rapporte qu'il a trouvé l'amiral habillé en ménagiery foisant ses vendanges. Le rapport était vrai : néanmoins, le 28^ toute la France était en armes; alors il y eut^ dit Tavannes, cinquante places de prises^ et il se trouva tout à coup dans Rosai, petite ville à quatre lieues de Meaux, un gros corps de cavalerie tout composé de gentilshommes commandés par le prince de Condé^ l'amiral , Dandelot, et le eomle de la Rochefoucauld.

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