CHAPITRE VII
Proposition d*cnvahir les Pays-Bas, faite parColign3\
Dans ces circonstances, Louis de Nassau , fi*re du prince d'Orange , vient proposer à Charles IX d'envahir les Pays-Bas, qui étaient en révolte contre le roi d'Espagne, l^eur résisr tance, quoique heureuse, le savait épuisés, et les forçait, disait le prince, à se donner à l'Angleterre ou à la France. Le roi l'écoute favorablement, mais il veut consulter Coligny. Coligny, jaloux de maintenir le roi dans ses bonnes dispositions à son égard, trouva bon d'occuper l'activité de son esprit, et surtout son orgueil, à cette entreprise importante, dans laquelle il aiderait son inexpérience et suppléerait les talents qui lui manquaient; il jugeait utile aussi tPoeeuper et cPamuser au dehors les nobles de son parti, qui pour le sûr^ disait-il à Brantôme, recommenceraient sans cela à brouiiler au dedans^ tant il les connaissait remuants, frétillants, et amateurs de la picorée. Coligny saisit donc avec ardeur le projet d'envahir les Pays-Bas. 11 était toujours à la Rochelle : le roi l'invita, ainsi que la reine de
DES GUERRES DE COUR
Navfurre > à venir le voir à Blois , où il s'était rendu pour être plus à portée de concerter le mariage de sa sœur avec le prince de Béam. La reine de Navarre amena son fils au roi ^ avec le prince de Condé et l'amiral , au milieu du mois de mai 4572 (i).
Les Mémoires de Tavannes nous apprennent Taccueil que leur fit le roi, les fêtes qui se succédèrent longtemps à la cour à l'occasion de leur arrivée , la tendre considération que le roi montrait à Tamiral, les caresses naïves du duc d'Alençon^ le jrius jeune des frères du roi , la politesse du duc d'Anjou et de la reine mère elle-même. Mais ces deux derniers personnages étaient loin de partager les sentiments du roi et du duc d'Alençon. Peu après^ Coligny se rendit à sa terre de Chàtillon-sur-Loing, d où il 'revint plusieurs fois à la cour.